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Consommation

Dropshipping : du "Swiss made" qui n'en est pas

Dropshipping : du "Swiss made" qui n'en est pas

Des sites ornés de chalets, de vaches et de montagnes, mais dont les produits arrivent directement de l'étranger: la Fédération romande des consommateurs tire la sonnette d'alarme sur le dropshipping, une pratique légale qui peut virer à l'abus.

Des décors alpins soigneusement choisis, un site rédigé en allemand, une esthétique résolument helvétique. C'est sur ce type de boutique en ligne que Valérie* a commandé une robe et un ensemble, séduite par des photos alléchantes. À la réception des colis, la déception est totale : les tissus annoncés, dont du lin, se révèlent synthétiques, et les finitions bien loin des images présentées. « J'étais fâchée contre moi-même », confie-t-elle. Elle venait de faire l'expérience du dropshipping.

Une pratique légale, mais propice aux abus

Le dropshipping repose sur un principe simple : une boutique revend à un prix majoré des articles qu'elle ne possède pas en stock. Le produit est expédié directement au client par un fournisseur, souvent basé à l'étranger, notamment en Asie. Ce modèle, facilité par le commerce en ligne, l'est désormais encore davantage par l'intelligence artificielle.

Selon la Fédération romande des consommateurs (FRC), qui reçoit régulièrement des témoignages de clients lésés, « le dropshipping en soi n'est pas une méthode de vente interdite et l'usage de l'intelligence artificielle ne l'est pas non plus. Par contre, tous deux peuvent mener à des situations d'abus » où le consommateur se retrouve sans moyen de faire valoir ses droits.

Pour récupérer ses nonante-deux francs, Valérie a échangé longuement avec les responsables du site. La seule solution proposée : retourner les vêtements en Chine, à ses propres frais, conformément aux conditions de vente. Elle a finalement renoncé. Ce cas illustre la difficulté, voire l'impossibilité, d'obtenir un remboursement une fois la commande passée.

Les conseils de la FRC

La prévention reste donc le meilleur remède. La FRC recommande de consulter les conditions générales de vente et les mentions légales avant tout achat, et de se méfier des sites qui « utilisent trop l'intelligence artificielle pour exagérer la "suissitude" » ou qui jouent sur le pathos pour gagner la confiance du consommateur. Un simple moteur de recherche appliqué au nom du site peut également révéler des informations.

*Prénom d'emprunt