La Cour des comptes épingle les services d'Isabelle Moret
Chaque année, des millions de francs sont octroyés aux entreprises vaudoises. Mais la Cour des comptes dresse un bilan sévère de ces aides. Lacunes de gouvernance, critères d'octroi pas assez transparents et manque de suivi des résultats sont pointés du doigt.
Les services de la conseillère d'État Isabelle Moret sont dans le viseur de la Cour des comptes. L'audit porte sur les aides à fonds perdus accordées par le service de la promotion de l'économie et de l'innovation (SPEI), par Innovaud et par la Fondation pour l'innovation et la technologie. Selon Valérie Schwaar, présidente de la Cour des comptes, le rapport s'articule autour de trois axes problématiques: une gouvernance jugée trop complexe et peu lisible, des critères d'octroi fixés dans la loi mais non appliqués par les services, et l'absence de mesure des impacts ou des résultats finaux.
Un quart des bénéficiaires réellement dans le besoin
La Cour estime que trois quarts des entreprises ayant reçu une aide auraient de toute façon mené leur projet à bien sans soutien public. Seul un quart avait donc réellement besoin de ces aides. Le SPEI se défend toutefois: son chef de service Raphaël Conz souligne que 91% des entreprises aidées déclarent que les soutiens correspondaient à leurs besoins, et que sept entreprises sur dix indiquent que l'aide a permis d'accélérer, de déclencher ou d'amplifier leur projet.
La gauche réclame un gel des subventions
Le rapport fait néanmoins grincer des dents à gauche. Le député socialiste et membre de la COFIN Stéphane Balet demande que les recommandations de la Cour soient mises en œuvre, et que dans l'intervalle les subventionnements soient gelés afin de garantir la bonne utilisation des deniers publics. Les dix-huit recommandations émises par la Cour ont été acceptées par l'ensemble des acteurs concernés.
Photo: Keystone-ATS