Un nouveau label pour valoriser les poissons sauvages suisses
Un label baptisé « Poisson sauvage suisse » vient d'être créé par les associations suisses de pêcheurs professionnels, avec l'ambition de fédérer la branche et de mieux faire connaître ses produits auprès du grand public.
Pierre-Alain Chevalley est pêcheur professionnel à Yvonand. En ce moment, ce qu'il pêche c'est de la bondelle, des perches et brochets, ou encore des silures. Ces poissons, il les écoule principalement en vente directe, auprès d'un commerce local et de deux restaurateurs. Pour lui, la proximité avec les clients est déjà une évidence — les gens le voient travailler sur le lac, le magasin est juste à côté — et le label n'est donc « pas une priorité » dans son cas. Il reconnaît toutefois que pour la reconnaissance de la profession, « ça semble important ».
Tradition, fraîcheur et local
Le label véhicule trois valeurs : la tradition, la fraîcheur et le local. Il permet également de rapprocher les pêcheurs alémaniques et romands autour d'une marque commune. Un argument de poids face à des poissons importés qui, comme le souligne Pierre-Alain Chevalley, ont pris l'avion avant d'être servis. Les lacs suisses abritent par ailleurs une grande diversité d'espèces à valoriser, comme le vengeron, longtemps considéré comme un « poisson rebut » et désormais vendu couramment après des années de promotion.
Les cormorans, véritable menace pour la profession
Si le label constitue un pas en avant, il ne résout pas tous les problèmes de la branche. La concurrence la plus redoutable, en tout cas pour les pêcheurs du Lac de Neuchâtel, ne vient pas des importations étrangères, mais des cormorans, dont la population s'est fortement étendue ces dernières années. Ces oiseaux, qui consomment une grande quantité de poissons, ont un impact réel sur les ressources des lacs. Un défi pour la branche.