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Politique

À Dallas, Trump promet 5 000 dollars pour sauver les législatives

À Dallas, Trump promet 5 000 dollars pour sauver les législatives

Trump promet un gros chèque

Donald Trump a appelé mercredi ses partisans à imaginer qu'il était lui-même candidat lors des prochaines élections législatives américaines de mi-mandat. Il a également fait miroiter un "dividende" de 5000 dollars par adulte en cas de victoire du Parti républicain.

"Je vous demande de faire comme si j'étais sur le bulletin", a plaidé le président américain, sous les applaudissements des républicains rassemblés à Dallas (Texas, sud) pour une convention inédite.

Lancé dans un long discours, au fil duquel il a vanté ses baisses d'impôts, loué son offensive anti-immigration, agité le spectre d'une victoire du "communisme" si ses opposants démocrates l'emportaient et défendu le très impopulaire conflit avec l'Iran, le milliardaire de 80 ans a fait une promesse surprenante.

5000 dollars

"Voilà ma promesse: si les républicains gagnent à la fois la Chambre des représentants et le Sénat, grâce à nos succès économiques (...) j'émettrai un dividende de 5000 dollars pour chaque citoyen adulte des Etats-Unis", a-t-il affirmé, sans expliquer comment une telle mesure, potentiellement très coûteuse, serait financée.

"Ca se voit qu'il aime les gens, qu'il aime les citoyens de ce pays et veut vraiment lui rendre sa puissance et sa grandeur", s'enthousiasme auprès de l'AFP Susanne Esch, infirmière retraitée venue d'Oregon (nord-ouest). "Tout le monde a senti cette énergie."

"C'était génial. Il a abordé tout ce qu'il fallait, parlé du futur du pays et de l'importance pour tous les électeurs américains d'aller voter", a apprécié Shem Trujillo, Texan de 28 ans et marine en formation.

Les partisans de Donald Trump, scandant régulièrement "USA! USA!", ont réagi avec une ferveur particulière à ses propos sur les expulsions d'immigrés en situation irrégulière.

Jamais encore les républicains n'avaient organisé de convention avant des élections de mi-mandat. Le format est habituellement réservé, pour eux comme pour les démocrates, aux années d'élection présidentielle.

"C'est une super idée pour mobiliser les électeurs et les inciter à aller voter", applaudit Angie Fisher, casquette rouge brodée "Trump 2028", employée dans un magasin d'électroménager en Caroline du Sud.

"Pour Trump"

A moins de deux mois du scrutin du 3 novembre, les projections sont sombres pour les républicains, confrontés à un mécontentement croissant des Américains face au coût de la vie.

Elles anticipent que les démocrates vont s'emparer de la majorité à la Chambre des représentants, qui doit être entièrement renouvelée, et possiblement de justesse au Sénat, selon le modèle Decision Desk HQ. Une bascule qui restreindrait sérieusement la marge de manoeuvre de Donald Trump pour les deux dernières années de son mandat.

Mais les soutiens du président républicain, qui a dit vouloir sillonner le pays jusqu'au scrutin, veulent croire à une mobilisation sur son seul nom, en dépit de sa cote de popularité anémique, inférieure à 35% dans certains sondages.

"C'est pour ça qu'on est là, pour Trump", souligne encore Angie Fisher.

La grande salle de l'équipe de basket des Mavericks qui accueille le rassemblement s'est progressivement garnie au fil de l'après-midi, même si ses tribunes hautes, décorées de drapeaux américains, sont restées très largement vides. Environ un tiers sont en outre condamnées par des rideaux noirs derrière la scène bardée d'écrans géants.

Sur les tenues dans l'assistance, le rouge - la couleur du Parti républicain - est généreusement arboré et le drapeau américain interprété à toutes les sauces, jusqu'à la robe à sequins.

"Extrémistes"

Dans les multiples discours de la journée, la rhétorique trumpiste dépeignant les démocrates en "extrémistes", en particulier avec la récente série de succès de représentants de leur aile gauche, a été une constante.

Elle a même été reprise par l'invité surprise du jour, le sénateur démocrate de Pennsylvanie John Fetterman, déjà en froid avec son propre parti et qui a dénoncé lui aussi la menace "socialiste" dans une courte intervention vidéo.

Si plus d'une centaine de candidats et parlementaires républicains sont annoncés, d'autres, engagés dans des courses serrées, font l'impasse. Pour éviter d'associer frontalement leur campagne à un président aussi impopulaire et clivant ou encore privilégier leur campagne de terrain.

Parmi les proches de Donald Trump, les ministres de la Justice, Todd Blanche, et des Finances, Scott Bessent, ont pris la parole mercredi. Le vice-président, JD Vance, prononcera, lui, un discours jeudi, avant que le président lui-même ne clôture le rassemblement texan.

ATS