Bande d’arrêt d’urgence ouverte comme troisième voie entre Le Vengeron et Coppet
Mobilité - GE
La majorité de droite du Grand Conseil genevois voudrait ouvrir temporairement la bande d’arrêt d’urgence comme troisième voie sur l’autoroute A1 entre Le Vengeron et Coppet (VD). Elle a voté vendredi une motion demandant à l'exécutif d'intervenir en ce sens auprès de la Confédération.
Acceptée par 45 voix contre 38, la motion se base sur le modèle déjà en vigueur entre Morges (VD) et Écublens (VD). La majorité rassemblant LJS, le MCG, le PLR et le Centre a défendu "une solution pragmatique pour désengorger ce tronçon". Ces partis estiment que la mesure permet d'exploiter le gabarit routier existant sans empiéter sur de nouvelles terres agricoles.
Selon la majorité, cette troisième voie sur la bande d'urgence aux heures de pointe va fluidifier le trafic. Les députés ont cité les conclusions de l’Office fédéral des routes (OFROU) tirées de l'expérience sur le tronçon Morges-Écublens: il n'a pas été constaté une hausse des accidents, alors que la fluidité du trafic a été améliorée.
Ce débat a ravivé les clivages sur la politique des transports dans le bassin lémanique. La gauche a fermement combattu le texte. Selon le socialiste Matthieu Jotterand, ouvrir une troisième voie sur l'A1 constitue un déni de la votation populaire de novembre 2024. Le peuple avait alors refusé l'élargissement autoroutier.
Selon le Vert Julien Nicolet-dit-Félix, cette mesure ne ferait que déplacer les bouchons en aval, congestionnant encore davantage les axes pénétrants et étouffant le centre de l'agglomération genevoise sous les nuisances et la pollution.
L'UDC s'est aussi opposée à "cette fausse bonne idée". Pour le député Yves Nidegger, il ne faut pas créer cette fausse troisième voie en sacrifiant la sécurité. L'élu, dont la fille cadette a été mortellement percutée par un automobiliste sur une bande d'arrêt d'urgence, a par ailleurs plaidé pour une meilleure signalisation de ces tronçons.