Canada : les feux extrêmes deux fois plus probables avec le réchauffement
Fort impact du climat sur les feux au Canada
Le changement climatique a multiplié par deux la probabilité pour que les incendies extrêmes qui ont eu lieu au Canada cette année se produisent, d'après une étude publiée jeudi. Plus de 3,8 millions d'hectares ont brûlé pour l'instant en 2026.
Alors que la saison des feux avait débuté avec une activité sous la normale, le temps chaud et sec de juillet a favorisé la propagation rapide des incendies dans le pays, notamment en Ontario et dans les territoires du Nord-Ouest.
D'après les observations des chercheurs du World Weather Attribution (WWA), une saison des incendies comme celle de 2026 "n'est plus rare avec le climat d'aujourd'hui et devrait arriver tous les deux à six ans dans les territoires du Nord-Ouest et tous les six à quinze ans en Ontario". Mais dans un monde sans changement climatique, ce type d'événement ne serait arrivé qu'une fois tous les quarante ans.
Les plus de 3,8 millions d'hectares ravagés par les flammes cette année représentent un peu moins que la superficie de la Suisse. Les feux ont en outre imposé l'évacuation de milliers de personnes et exposé des millions d'autres à des risques à cause de la fumée.
"L'adaptation seule ne suffit pas"
Pour confirmer le rôle du changement climatique, les chercheurs du WWA ont utilisé des modèles pour comparer les conditions actuelles avec celles d'un monde sans la hausse de température de 1,4 degrés Celsius que connaît la planète depuis l'ère pré-industrielle.
En se concentrant sur les périodes de sept et trente jours présentant les conditions de "météorologie des incendies" les plus extrêmes dans les territoires touchés, ils ont constaté que le changement climatique avait rendu ces événements deux fois plus probables.
"Depuis 2023, les feux de forêt que nous avons vus au Canada sont fondamentalement différents par leur échelle et leur intensité", affirme le directeur de l'étude, Theodore Keeping, chercheur à l'Imperial College de Londres.
"La propagation rapide de ces feux fait peur et montre que, malgré la préparation des autorités en charge de la gestion des feux de forêt, l'adaptation seule ne suffit pas", ajoute-t-il.
Le changement climatique d'origine humaine favorise les conditions pour la propagation des incendies, avec les fortes chaleurs, des sécheresses plus longues et une atmosphère plus "assoiffée" qui accentue le dessèchement de la matière organique.