Jura bernois : stabilisation industrielle à bas niveau attendue
Conjoncture
Après plus de deux ans d'érosions liés à plusieurs facteurs - dont la guerre en Ukraine, les droits de douane américains et les perturbations qui touchent l'économie mondiale - une accalmie devrait se présenter pour les entreprises du Jura bernois lors du troisième trimestre 2026. C'est ce qu'indique la Chambre d'économie publique (CEP) Grand Chasseral dans son baromètre industriel.
"Sur un plan systémique, une forme de stabilité devrait s'installer, certes à très bas niveau", souligne le directeur de la CEP Grand Chasseral Patrick Linder, cité dans un communiqué publié mardi.
Mais cette phase de léger répit s'accompagne de la poursuite d'une forte remise en question du modèle d'organisation et de la localisation de certaines activités pour plusieurs acteurs industriels de l'Arc jurassien. Des éléments externes alimentent cette tendance qui va mener, si elle n'est pas corrigée rapidement, à une perte de compétences, voire au déclin de la place industrielle suisse, du moins en ce qui concerne les PME, selon la CEP.
De plus, si elle se concrétise, cette stabilisation interviendra après une séquence où l'activité du secteur secondaire était très faible. Du point de vue de l'écosystème industriel, le volume d'affaires restera donc trop bas pour assurer à long terme le maintien des capacités de production existantes.
Mauvaises perspectives financières
De leur côté, les perspectives sont contrastées, mais elles demeurent dans l'ensemble mauvaises. Effets monétaires, faible activité et complication sur les marchés-clés comme les Etats-Unis expliquent cette tendance, bien que de grandes différences existent entre les sociétés en termes de prévisions de résultats.
Ces disparités se voient aussi au niveau de l'investissement. En effet, si plusieurs acteurs considèrent leurs activités satisfaisantes voire bonnes, d'autres les estiment insuffisantes pour maintenir leur compétitivité et répondre aux défis actuels. Selon la CEP, les reports d'investissements pour des raisons économiques affectent directement la capacité d'innovation.
Une forme de stabilisation devrait en revanche concerner le niveau de déploiement de l'industrie régionale, à condition qu'aucun nouvel élément ne vienne dégrader le contexte industriel. Cette amélioration s'explique notamment par la réduction de l'horaire de travail, encore largement mobilisée.
"Prise en compte politique impérative"
Selon les entreprises interrogées, le contexte actuel (droits de douane, conflits, perturbations économiques, etc.) transforme l'organisation industrielle et, plus spécifiquement, l'écosystème microtechnique de l'Arc jurassien. Plusieurs entreprises déploient des solutions, notamment des déplacements d'activités.
"Une prise en compte politique des besoins des PME industrielles exportatrices suisses est désormais impérative", conclut la CEP.