Coopération en classe : mieux agir pour l’environnement selon une étude
Environnement
Pour inciter les enfants à agir sur l'environnement, il ne suffit pas de donner des cours sur l'écologie. La manière d'enseigner, en organisant le travail en groupe, s'avère tout aussi importante, montre une étude de l'Université de Lausanne (Unil).
Une année durant, 77 classes vaudoises et genevoises, regroupant près de 1500 élèves de 9 à 12 ans, ont été impliquées. Avec un objectif: trouver la meilleure méthode pédagogique pour passer du savoir à l'action sur les enjeux environnementaux.
Pour l'équipe de l'Institut de psychologie de la Faculté des sciences sociales et politiques de l'Unil, une partie de la réponse tient à la façon dont la classe travaille, en groupe ou pas, et avec quel degré de coordination.
Des enseignants volontaires ont mené différentes activités dans plusieurs branches (sciences, géographie, histoire), pas toujours en lien direct avec l'environnement. Le matériel était le même dans toutes les classes, mais les consignes différaient. Soit les enfants s'organisaient librement, soit ils devaient coopérer de manière structurée, chacun exerçant un rôle précis qui changeait au fil de l'exercice.
Les résultats montrent que les élèves ayant coopéré de manière structurée ont davantage ressenti de liens entre eux, mais aussi avec leur environnement au sens large. Ce sont eux qui, au final, ont déclaré davantage de comportements écologiques.
"Tout est lié"
"Pour agir sur l'environnement, il faut comprendre que tout est lié. Or cette notion d'interdépendance n'est pas facile à expliquer aux enfants. Ils doivent pouvoir l'expérimenter dans leurs activités scolaires", relève le professeur Fabrizio Butera, en charge de l'étude.
Les élèves du groupe structuré ont également perçu une meilleure "efficacité collective", se sentant davantage "capable de réussir quelque chose au sein d'un groupe, ce qui est aussi fondamental pour les questions environnementales", ajoute-t-il, contacté par Keystone-ATS.
Le professeur de l'Unil insiste sur la nécessité de structurer cette coopération, de donner une fonction claire à chacun et de faire "tourner" ces rôles. Si la coopération reste spontanée, les "mécanismes" habituels de la classe vont se mettre en place, avec certains qui deviendront leaders et d'autres qui se contenteront de suivre.
"Créer des groupes en classe, c'est bien mais pas suffisant" pour expérimenter les sentiments d'interdépendance et d'efficacité collective, pour en ressentir "les avantages pour soi-même et l'ensemble du groupe", résume Fabrizio Butera.
Etendre l'étude
Le professeur souligne que les vertus de l'apprentissage coopératif sont connues, et déjà bien documentées. C'est, en revanche, la première fois que ces liens sur les comportements écologiques sont testés avec des enfants.
Selon lui, l'idéal serait désormais d'étendre les recherches hors de la classe et de voir comment les élèves agissent réellement pour l'environnement à la maison. L'influence des enfants sur les comportements écologiques des parents mériterait aussi d'être étudiée, estime-t-il.
Dirigée par Fabrizio Butera et Fantine Surret, cette étude a été financée par le Fonds national suisse. Elle vient de paraître dans le "Journal of Educational Psychology" de l'American Psychological Association, l'une des revues de référence du domaine.
A noter finalement que le projet a permis de créer "un matériel prêt à l'emploi" pour les classes de 7 et 8P désireuses de tester ces questions d'interdépendance.