Le Grand Conseil genevois soutient la réhabilitation de la ligne du Tonkin
Transport ferroviaire
Le Grand Conseil genevois soutient la réhabilitation de la ligne ferroviaire du Tonkin entre Saint-Gingolph (VS) et Evian-les-Bains (F). Les députés ont voté vendredi une motion qui demande à l'exécutif de promouvoir activement ce projet.
La réhabilitation de cette ligne constitue "un intérêt clair pour Genève et sa région", a relevé le député socialiste et rapporteur de commission Cyril Mizrahi. Le premier auteur de la motion, l'UDC Guy Mettan, s'est réjoui que "Genève se saisisse enfin de cette problématique".
Il a rappelé que l'infrastructure offrirait une liaison directe entre le Valais et Genève par la rive sud, délestant la ligne saturée du Nord-Léman via Lausanne, particulièrement vulnérable aux incidents d'exploitation. Du côté des Verts, Cédric Jeanneret soutient un projet qui permet de "boucler la boucle", sans devoir couper un seul arbre.
Des réserves
Mis à part le MCG, tous les partis ont souligné l'importance de promouvoir les transports publics côté français. Le texte a été accepté par 78 voix contre 12 oppositions et 1 abstention. Pour le MCG, cette ligne est "une utopie". Le parti préfère "d'abord penser à l'intérêt des Genevois".
Le conseiller d'Etat à la tête du Département de la santé et des mobilités (DSM), Pierre Maudet, a accueilli cette motion "avec beaucoup de sympathie". Mais il a exprimé des réserves, la plus grande étant que la Région Auvergne-Rhône-Alpes, organe décisionnel côté français pour le ferroviaire, n'est pas intéressée par cette ligne.
300 millions d'euros
Désaffecté depuis 1998, le tronçon de 17,8 km entre Evian-les-Bains et Saint-Gingolph constitue le chaînon manquant à une desserte ferroviaire au sud du Léman. Selon ses partisans, le projet répond à une forte saturation routière dans le Chablais. La route côtière voit défiler quelque 14'000 véhicules par jour.
Les défenseurs du projet soulignent aussi que la plateforme existe déjà sans nécessiter d'expropriations et que le trafic sera strictement réservé aux passagers, écartant toute matière dangereuse. L'investissement nécessaire à la remise en état, à la sécurisation des 17 passages à niveau et à l'électrification de la voie unique est estimé à environ 300 millions d'euros.
Valais dans la course
Le canton du Valais a manifesté un engagement concret en votant en mars 2024 un crédit de 22,8 millions de francs. Plus récemment, le sénateur de la Haute-Savoie Cyril Pellevat a annoncé des "avancées côté français". Selon l'élu, plusieurs études sont conduites, portant sur la fréquentation, le financement et les scénarios de desserte.