Des députés demandent la suspension des renvois Dublin de Palestiniens
Réfugiés - VD
Cinquante-six députés du Grand Conseil vaudois ont signé une pétition adressée au Conseil d'Etat. Leur texte demande au gouvernement d'intervenir urgemment pour suspendre tout renvoi Dublin pour les personnes originaires de Palestine.
Les députés, appartenant essentiellement au camp rose-rouge-vert, ont été alertés sur ces risques de renvoi par plusieurs ONG et collectifs de défense des droits des personnes exilées, écrivent-ils mercredi dans leur lettre au Conseil d'Etat. Ils dénoncent en particulier la menace de renvoi pesant sur deux survivants gazaouis rattachés au canton de Vaud.
Ces deux hommes, dont l'état de santé physique et psychique est fortement dégradé, devraient respectivement être renvoyés vers la Croatie et la Grèce. Or, les violences subies par les personnes en exil en Croatie sont largement documentées, tout comme le dénuement total dans lequel se retrouvent les personnes avec un statut de réfugiés en Grèce, soulignent les pétitionnaires.
Dans ces conditions, et compte tenu des traumatismes extrêmes subis par les personnes palestiniennes depuis deux ans, les députés demandent au Conseil d'Etat d'intervenir pour suspendre tout renvoi Dublin/Etat tiers sûr pour les personnes originaires de Palestine.
"Incompréhensible"
Lors d'une conférence de presse, des députés signataires de la pétition et des membres de la Coalition contre les renvois, composée des collectifs Droits de rester Vaud, Droit de rester Fribourg, Solidarité sans Frontière et Solidarité Tattes, ont également demandé au gouvernement vaudois d'intervenir auprès des autorités suisses en vue de l'octroi de l'asile aux personnes originaires de Palestine, qui font l'objet d'une persécution politique collective.
"Il n'est pas imaginable que des personnes polytraumatisées par un génocide puis par les chemins de l'exil se voient menacées d'expulsion une fois arrivées en Suisse, au lieu de pouvoir enfin commencer à se reconstruire", relève leur communiqué.
"On a vu, avec l'invasion russe en Ukraine, qu'on a tout à fait la capacité d'accueillir du monde et de réagir face à des situations exceptionnelles. Il est incompréhensible qu'on ne fasse rien face à un génocide et alors que très peu de personnes parviennent à arriver jusqu'en Suisse", a déclaré Aude Martenot, membre de Solidarité Tattes, citée dans le communiqué.
Selon Grazielle de Coulon, du Collectif droit de rester Vaud, seules quelque 200 personnes originaires de Palestine auraient demandé l'asile en Suisse.