Attaque contre l’aéroport de Ryad : 12 morts et 309 blessés
Attaque contre l'aéroport de Ryad
L'autorité de l'aviation civile saoudienne a annoncé un bilan de 12 morts et 309 blessés dans une attaque samedi imputée aux combattants pro-iraniens houthis contre l'aéroport de Ryad, où les opérations ont été suspendues.
Il s'agit de la pire attaque en Arabie saoudite depuis un attentat suicide à la bombe du groupe Etat islamique (EI) qui afait tué 21 fidèles dans une mosquée chiite d'Al-Qatif (est) en mai 2015.
Quatre Saoudiens et huit étrangers, dont un Américain, figurent parmi les morts à Ryad, a précisé l'autorité dans un communiqué. "L'attaque a également fait 309 blessés", dont certains souffrent de "blessures graves", a-t-elle ajouté, faisant aussi état de "dégâts matériels".
La coalition militaire menée par l'Arabie saoudite en soutien au gouvernement internationalement reconnu du Yémen avait également annoncé dans la soirée la chute d'un projectile près de l'aéroport de Dammam, dans l'est du royaume. Cet aéroport est avec celui de Jeddah (ouest) une alternative à l'aéroport de Ryad, fermé depuis samedi. Un autre projectile a été intercepté au sud-est de Ryad.
Médecins appelés d'urgence
Dans la capitale, les médecins ont été appelés d'urgence dans la journée à se rendre dans les hôpitaux pour soigner les blessés. Plusieurs ambassades occidentales ont recommandé à leur personnel d'éviter l'aéroport pendant une semaine, selon un diplomate occidental.
Parmi les victimes, l'une était un membre d'équipage égyptien travaillant pour une compagnie aérienne saoudienne. La seconde était un Palestinien muni de documents de voyage égyptiens, a indiqué à l'AFP une source médicale d'un hôpital local.
Une source diplomatique a indiqué que l'attaque a avait été menée par les Houthis.
Les combattants pro-iraniens du Yémen avaient déjà revendiqué mercredi et jeudi des frappes contre l'aéroport dans lesquelles trois Saoudiens, dont un pilote, avaient péri. Mercredi, trois autres personnes avaient été tuées, des ressortissants égyptien, algérien et soudanais.
L'ampleur et la fréquence des attaques visant Ryad ces derniers jours sont sans précédent depuis 2014 et le début de la guerre au Yémen opposant les Houthis aux forces gouvernementales yéménites qui avaient reçu le soutien militaire d'une coalition militaire conduite par l'Arabie saoudite à partir de 2015.
"Situation d'urgence grave"
Ces frappes surviennent par ailleurs peu avant la tenue en octobre dans le royaume de la grande conférence annuelle sur l'investissement, qui attire des dirigeants étrangers et des figures majeures du monde des affaires.
La source diplomatique, informée sur l'attaque, a indiqué à l'AFP qu'un "missile" avait frappé l'aéroport "vers 15H00".
De nombreuses ambulances se sont ruées vers l'aéroport. "On nous a indiqué que nous faisions face à une 'situation d'urgence grave'. Des blessés sont transférés vers différents hôpitaux de la capitale", a indiqué à l'AFP une source médicale à Ryad, précisant que nombre d'entre eux se trouvaient dans un état critique.
"Des dizaines de personnes ont été blessées à l'aéroport, pour la plupart des ressortissants saoudiens. Au moins cinq d'entre elles, toutes saoudiennes, se trouvent en soins intensifs", a déclaré une autre source médicale à l'AFP.
"J'ai vu des blessés. Tout le monde courait", a relaté à l'AFP un passager, qui attendait un vol tout près du terminal touché par le missile.
Deux médecins ont déclaré à l'AFP que plusieurs pèlerins figuraient parmi les blessés. Selon l'autorité de l'aviation civile, les opérations à l'aéroport ont été temporairement suspendues.
L'Arabie saoudite, premier exportateur de brut mondial, reconnaît relativement rarement que des frappes ont touché des cibles civiles.