Éboulement de Bondo : la défense réclame l'acquittement des accusés
Relaxes demandées dans le drame de Bondo
Au deuxième jour du procès de l'éboulement de Bondo (GR), la défense a réclamé, mardi, l'acquittement des accusés. L'ex-maire de Bregaglia et conseillère nationale Anna Giacometti (PLR) a appliqué les recommandations des experts, a souligné son défenseur.
Face au Tribunal régional de Maloja, qui siège exceptionnellement à Pontresina (GR) durant ce procès, l'avocat de la politicienne a rejeté toute culpabilité de la part de sa cliente. Selon lui, son inculpation est totalement injustifiée. Lundi, le procureur avait requis des peines pécuniaires avec sursis contre les accusés pour homicides par négligence, l'éboulement du 23 août 2017 ayant fait huit morts.
Aucune recommandation de fermeture
Concernant la non-fermeture des chemins de randonnée dans le Val Bondasca, l'ancienne maire de la commune s'était basée sur l'expertise des employés de l'office grison de la forêt et des dangers naturels ainsi que sur celle du géologue externe consulté, a souligné l'avocat.
La décision de ne pas fermer les chemins pédestres a été prise neuf jours avant la catastrophe, en l'absence de recommandation en ce sens. Des représentants de la commune et des employés du canton y avaient participé.
Maire partiellement informée
De plus, Anna Giacometti n'avait pas été informée de l'échange de mails, survenu quelques jours plus tôt, entre l'office cantonal des dangers naturels et le géologue externe, estime son avocat. La question d'une éventuelle fermeture des chemins de randonnée y avait été évoquée. Or les autorités communales doivent pouvoir de fier aux experts. Ils ne peuvent pas évaluer d'eux-mêmes le niveau de danger.
"Ma cliente a été inculpée uniquement car elle était la maire de la commune au moment des faits", a déploré l'avocat, estimant que cette mise en accusation était purement arbitraire. Les décisions des exécutifs communaux sont toujours prises de manière collégiale, a-t-il souligné.
Par ailleurs, la maire de l'époque s'est rendue immédiatement après la catastrophe dans le village de Bondo, en compagnie d'un employé communal, pour mettre en garde les habitants et les inciter à quitter les lieux. Son avocat s'en est aussi pris au canton qui affirme ne pas être responsable des recommandations.
Avant lui, le défenseur du garde forestier communal a réclamé également l'acquittement de son client. Le Ministère public reproche à ce dernier d'avoir mal évalué le danger et de n'avoir pas recommandé la fermeture des chemins de randonnée, alors même qu'il remplissait un rôle de garant. L'avocat de l'employé communal rejette cette étiquette et souligne que son client ne disposait pas de l'expertise permettant d'anticiper des éboulements.
Risque résiduel inévitable
De manière générale, les avocats de la défense ont rejeté toute responsabilité dans la catastrophe et toute compétence spécifique permettant de prévenir la mort de randonneurs dans cette affaire. En début de journée, l'avocat d'un des deux employés cantonaux a critiqué, lui aussi, une "absence de différenciation" dans l'acte d'accusation.
Pour lui, la commune de Bregaglia est responsable de la sécurité de ses chemins de randonnée. L'office cantonal de la forêt et des dangers naturels est chargé uniquement de livrer des données techniques et non pas de donner des recommandations, estime-t-il.
Le défenseur de l'autre fonctionnaire cantonal inculpé a souligné qu'aucun des accusés n'avait été en mesure de prévoir l'éboulement au Piz Cengalo. Aucun d'entre eux ne porte donc la responsabilité d'un tel risque résiduel. "Si chaque reste résiduel d'éboulement devait être exclu, des régions entières des Grisons deviendraient inhabitables", a-t-il souligné.