Mondial de hockey : la Suisse peut-elle enfin décrocher le titre ?
Mondial: La Suisse doit y croire
L’équipe de Suisse se présente pour son Mondial à Zurich dans ses plus beaux atours. Même s’il manque quelques éléments, Jan Cadieux dispose d’un groupe très solide capable d’aller au bout.
Et si la Suisse imitait Fribourg-Gottéron? 46 ans après leur accession à la première division et après quatre finales perdues, les Dragons ont enfin mis la main sur le trophée de champion. Quatre finales perdues? Cela ressemble à une sélection finaliste en 2013, 2018, 2024 et 2025, mais battue à chaque fois.
Sous la houlette de Patrick Fischer, la Suisse a su retrouver l’état d’esprit instauré par Ralph Krueger et prolongé par Sean Simpson. Dans la peau de l’outsider puis dans celle du favori, la Suisse a su grandir et profiter de ses joueurs de NHL.
En 2018, Kevin Fiala était à quelques centimètres d’envoyer son pays au septième ciel en prolongation avant une séance de tirs au but bien cruelle. Six ans plus tard à Prague, les Helvètes ont tenu 50 minutes avant que David Pastrnak ne crucifie Genoni pour un succès tchèque 2-0 au final. L’an dernier, il a fallu un but de Tage Thompson à 3 contre 3 en prolongation pour donner la victoire aux Etats-Unis sur la Suisse à Stockholm.
Une solide expérience
Double finaliste malheureuse, la Suisse doit cette fois assumer un statut de favori à domicile. Mais le contingent permet d'envisager une phase préliminaire avec une certaine sérénité. On a l’habitude de dire que quand Roman Josi fait partie de la sélection, les voyants sont au vert.
Il faut dire que le défenseur bernois des Nashville Predators transforme le visage de n’importe quelle équipe, et en particulier celui de la Suisse. Quarterback du power-play, le capitaine rend tout le monde meilleur. Et avec des attaquants tels que Nico Hischier, Timo Meier, Pius Suter, Denis Malgin ou encore Sven Andrighetto, les artificiers ne manquent pas.
Si l’on poursuit la comparaison avec Fribourg, le Julien Sprunger de cette sélection se nomme Nino Niederreiter. Le Grison de 33 ans affiche une impressionnante collection de médailles d’argent (4). Le joueur des Winnipeg Jets est le seul à avoir été de toutes les finales.
Privée de Jonas Siegenthaler, Andrea Glauser et Michael Fora en défense, la sélection de Jan Cadieux peut malgré tout compter sur des éléments expérimentés en plus de Josi. Du haut de ses 26 ans, Janis Moser est l’un des meilleurs défenseurs défensifs de NHL. Le Seelandais a d’ailleurs signé un contrat de huit ans pour un total de 54 millions de dollars avec Tampa Bay. Les Zurichois Dean Kukan et Christian Marti sont rompus à l’exercice et joueront devant leur public. Sven Jung, Tim Berni, Lukas Frick et Dominik Egli comptent eux aussi une médaille d’argent à leur palmarès.
Quel gardien?
Une question demeure: qui sera devant les buts? Leonardo Genoni a été le titulaire indiscutable des trois dernières finales. Mais cette saison avec Zoug, le portier septuple champion de Suisse a semblé plus "ordinaire".
Compère de toujours et sacré avec Fribourg, Reto Berra affiche lui une forme étincelante à 39 ans (contre 38 pour Genoni). Suffisant pour passer devant Leo? A noter que Genoni est à un blanchissage de détenir seul le record qu’il partage aujourd’hui avec trois autres gardiens (12) au Championnat du monde.
Cette sélection possède en outre un fort accent alémanique. Les Lausannois Damien Riat et Théo Rochette sont les seuls véritables francophones de cette équipe. A 24 ans, le meilleur buteur du LHC va connaître son premier Mondial.
Les deux autres néophytes sont Attilio Biasca et Nicolas Baechler. A voir si l'un de ses joueurs va faire les frais de la possible arrivée de Philipp Kurashev. Blessé et évalué au jour le jour, l'attaquant des San Jose Sharks pourrait rejoindre la sélection en cours de route.
Tombé au combat lors des JO, Kevin Fiala risque lui de ne pas être remis à temps. Même s'il patine déjà, l'ailier des Los Angeles Kings devrait d'abord recevoir le "OK" des médecins de l'organisation américaine pour éventuellement venir défendre les couleurs helvétiques. Mais s'il y a un joueur attaché à l'équipe de Suisse, c'est bien lui!