Exécution ratée au Tennessee : démission du chef pénitentiaire
Un premier départ après l'exécution ratée
Le chef de l'administration pénitentiaire du Tennessee a démissionné à la suite de l'exécution ratée d'une condamnée à mort, a annoncé samedi le gouverneur de cet Etat du sud des Etats-Unis, Bill Lee. Christa Pike a survécu à deux injections létales.
Le chef de l'administration pénitentiaire du Tennessee (TDOC), Frank Strada, "quittera ses fonctions ce mois-ci", a affirmé le gouverneur dans un communiqué. Il n'évoque pas directement l'exécution manquée mercredi soir de Christa Pike, qui devait être la première femme mise à mort depuis plus de 200 ans dans cet État.
En 1995, alors qu'elle avait 18 ans, Christa Pike et son compagnon de l'époque avaient battu à mort Colleen Slemmer, 19 ans, lors d'un stage de professionnalisation. L'affaire avait fait grand bruit après la découverte d'un pentagramme, souvent associé au satanisme, taillé sur la poitrine de la victime.
L'administration pénitentiaire avait affirmé dans la nuit de mercredi à jeudi avoir suivi à la lettre le protocole adopté depuis la reprise des exécutions dans l'État en mai 2025, après un moratoire de trois ans. Le gouverneur avait décrété ce moratoire à l'époque en raison de défaillances dans la vérification de la solution mortelle administrée à un condamné.
Echec de l'injection
Christa Pike, 50 ans, est inconsciente et sous assistance respiratoire depuis cette exécution manquée, selon des pièces versées vendredi par ses avocats devant la justice du Tennessee.
Des journalistes présents à son exécution ont entendu ses ronflements pendant environ une heure après l'administration de la substance létale, qui est censée couper le système nerveux.
Selon l'avocat de la condamnée, des experts médicaux avaient mis en garde contre le risque que les aiguilles se délogent ou transpercent les veines, le produit pouvant alors se retrouver dans le bras de sa cliente au lieu de son sang.
Selon le centre d'information sur la peine capitale, qui publie des données et des analyses sur les exécutions aux États-Unis, la survie de Christa Pike "après avoir subi une injection de doses létales de médicaments utilisés pour les exécutions" est une première.
Depuis 1976, 18 femmes ont été exécutées aux États-Unis, de même source.