Initiative au CERN pour donner la parole aux Genevois sur le FCC
Sciences GE
La population doit pouvoir s'exprimer sur tous les grands chantiers liés au CERN lorsque la législation fédérale permet un préavis genevois, selon un collectif. Il a lancé mardi une initiative constitutionnelle cantonale tout en dénonçant la concertation récente sur le Futur collisionneur circulaire (FCC) comme "biaisée" et un "déni démocratique".
"C'est pour reprendre la main aux niveaux local et démocratique", a affirmé à la presse la députée du Centre Christina Meissner. "Le Conseil d'Etat a entièrement donné le pouvoir à la Confédération et nous en a privé".
Le FCC a été mis sous la coupe fédérale, sur le même plan que la planification aéroportuaire ou les infrastructures militaires. Or, les compétences cantonales en matière de droit de la construction auraient très bien pu s'appliquer, estime le conseiller national Raphaël Mahaim (Vert-e-s/VD).
Parmi les membres de cette coalition Co-CERNés figurent Noé21, Patrimoine Suisse Genève, le WWF Genève, l'Association presingeoise pour un avenir sans FCC, Seymaz-Vie et Bien Vivre à Puplinge. Ces associations estiment que le FCC remettra en cause des politiques durables votées par le Grand Conseil et par la population.
Mécanismes semblables
Selon l'initiative, tout préavis cantonal sur les constructions et les infrastructures liées aux CERN, dès qu'une autorisation est requise, devrait être soumis au peuple. Le résultat deviendrait ensuite la prise de position du canton, mais il resterait consultatif.
M. Mahaim ne peut toutefois s'imaginer que le Conseil fédéral, ni les autres membres du CERN, "s'asseoient" sur un refus démocratique. De même, il ne "croit pas une seconde" à une invalidation de l'initiative. Des mécanismes semblables existent, notamment dans le Canton de Vaud pour le nucléaire.
"Ce n'est pas un combat contre la science, mais contre la démesure", insiste encore le conseiller national. Le FCC devrait devenir le plus grand chantier en Europe, selon la coalition. Elle s'inquiète de milliers de poids lourds en plus sur les routes pendant dix ans, de millions de tonnes de gravats à décharger, de terres cultivables sacrifiées et de plus de 100 km de chantiers souterrains.
Décision pas avant 2028
Et de relayer également des préoccupations sur les volumes d'eau de refroidissement et des émissions massives de gaz à effet de serre. La consommation électrique atteindrait celle d'une ville de plusieurs centaines de milliers d'habitants, selon les initiants.
Le FCC est un projet à l'étude d'accélérateur de particules de 91 kilomètres de long, qui doit succéder au Grand collisionneur de hadrons (LHC) dès 2045. Les coûts sont estimés à 15 milliards de francs mais les opposants partent du principe qu'ils seront doublés.
Et le CERN met lui en avant une machine de référence mondiale. La décision reviendra aux 25 Etats membres de cette institution en mai 2028, sauf report. Les signatures pour l'initiative, 5696 pour passer la rampe, devraient être déposées à la mi-février 2027. Le calendrier sera serré pour une votation avant la décision au CERN, admettent ses partisans.