Vaud veut un programme cantonal de passages à faune prioritaires
Grand Conseil vaudois
Le Grand Conseil vaudois a très largement accepté mardi l'idée d'un plan cantonal de passages à faune. La motion du PLR Alexandre Berthoud, soutenue par une soixantaine d'élus de tous bords politiques et défendue à l'unanimité en commission, a donc aussi facilement passé la rampe du plénum. Elle est ainsi renvoyée au Conseil d'Etat, favorable au texte.
"Afin de renforcer la sécurité routière, de réduire les dégâts agricoles, de faciliter la régulation cynégétique et de préserver la biodiversité", le texte demande au Conseil d'Etat d'élaborer, dans les meilleurs délais, un projet de décret instituant un programme cantonal de développement de passages à faune prioritaires, pour la grande et la petite faune, a relevé Alexandre Berthoud, qui est aussi président des chasseurs vaudois, la Fédération des sections vaudoises de la Diana (FSVD). Ce plan devra couvrir l'ensemble du territoire vaudois et s'appuyer sur une cartographie des zones les plus sensibles.
Il s'agira aussi de coordonner la mise en oeuvre de ce programme avec les planifications routières et les projets d'infrastructures cantonales, ainsi qu'avec les travaux d'entretien et de rénovation existants. Son but sera également de privilégier les emplacements présentant le meilleur rapport coûts-bénéfices. "Il n'est pas question de construire partout et n'importe où, ni de manière coûteuse. La motion plaide pour l'efficacité et l'économicité", a affirmé M. Berthoud.
Mille collisions chaque année
Par passages à faune, on entend les aménagements conçus pour permettre aux animaux sauvages de franchir en sécurité des obstacles créés par l'humain, comme les autoroutes, les routes ou les voies ferrées. Comme par exemple des passages supérieurs et inférieurs, des aménagements de ponts (écoponts) ou de tunnels, des dispositifs spécifiques pour la petite faune ou encore des balises anti-gibier.
Chaque année, près de 1000 collisions impliquant des animaux sauvages et des véhicules surviennent sur les routes vaudoises, soit près de trois par jour. Les conséquences sont multiples: dommages matériels souvent importants et couteux, blessures voire décès pour les usagers, et mortalité significative dans la faune, a rappelé l'élu libéral-radical.
En vertu du droit fédéral, les cantons ont l'obligation de maintenir la fonctionnalité des corridors faunistiques d'importance suprarégionale. "Dans le canton de Vaud, il en existe 28, dont cinq sont fonctionnels, les 23 autres sont largement interrompus ou perturbés", a expliqué M. Berthoud. "Cela nécessitera la mise en oeuvre d'actions au cours des prochaines années".
Sous l'angle d'un programme cantonal, la motion permet de faire l'inventaire des mesures déployées, de prioriser les voies de passages en fonction du degré de dangerosité et d'améliorer la coordination, a-t-il encore souligné en substance.
"Sainte alliance" saluée
Quelques passages à faune ont déjà été réalisés, et certaines routes sont équipées de balises anti-gibier. "Ces démarches vont dans la bonne direction, mais elles demeurent ponctuelles et ne répondent qu'à des problématiques locales. Force est de constater que les barrières routières affectent l’ensemble du territoire cantonal et nécessitent une approche coordonnée et planifiée", selon le motionnaire.
Le député écologiste Alberto Mocchi, également secrétaire général de Pro Natura Vaud, a salué cette motion. Elle prône "une vraie politique d'investissement pour ces passages à faune", a-t-il fait remarquer. Le conseiller d'Etat de l'environnement Vassilis Venizelos a aussi accueilli très favorablement ce texte. Non sans un certain clin d'oeil, relevant la "sainte alliance" entre Pro Natura et la Diana. "Je ne peux que m'incliner", a-t-il souri.
Au vote, la motion a été prise en considération par 101 oui, douze non et quatorze abstentions.