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France : manifestations contre la vie chère, pillages et affrontements

France : manifestations contre la vie chère, pillages et affrontements

France: tensions et pillages dans les manifs

Des centaines de milliers de personnes ont participé samedi en France à une mobilisation contre "la vie chère" à six mois de la présidentielle. Une journée émaillée d'affrontements, d'actions contre des bâtiments publics et de pillages de commerces.

Les organisateurs de ce mouvement ont avancé le chiffre de 800'000 participants, tandis que le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a donné celui de 550'000, soulignant par ailleurs qu'il y avait eu environ 400 interpellations.

"Abattre le système", "on prend la Bastille" (une référence à cet événement du 14 juillet 1789 qui avait marqué le début de la Révolution française): cette mobilisation qui réunissait des contestations portées par les "gilets jaunes", les lycéens et les étudiants, des salariés mais aussi des militants pour le climat et antifascistes a parfois pris des accents insurrectionnels.

A Paris, "des rues entières" ont été "méthodiquement ravagées", s'est ainsi désolé son maire Emmanuel Grégoire, selon lequel le bilan des violences et des pillages dans la capitale est "d'ampleur immense".

Un incendie s'est en outre déclaré à l'hôtel de ville de Limoges (centre), tout comme dans un immeuble du centre de Grenoble (Alpes françaises) et dans une antenne de l'office de tourisme à Lyon (centre-est).

La résidence de la préfète a été "saccagée" à Bordeaux (sud-ouest), ont annoncé les autorités locales, et des protestataires ont brièvement pénétré dans les mairies de Marseille (sud-est) ou de Lille (nord), où des locaux ont été mis à sac.

A Saint-Etienne (centre), un manifestant a eu la main arrachée par une grenade de la police qu'il aurait ramassée, a-t-on appris de source proche du dossier.

Il n'y a "aucune place pour la violence", "nous ferons tous bloc face aux semeurs de chaos, qui ne cherchent qu'à abattre nos institutions et empêchent ceux qui expriment pacifiquement leurs revendications de le faire", a réagi le président Emmanuel Macron.

Le Premier ministre Sébastien Lecornu a de son côté affirmé que les forces de l'ordre avaient "affronté une violence d'une extrême intensité".

Pillages, incendies

Dans le centre-ville de Marseille, des dizaines de commerces ont été pillés, comme de nombreux magasins à Bordeaux.

A Paris, un cortège sauvage, c'est-à-dire non déclaré, qui se dirigeait vers le palais présidentiel a été "refoulé", selon la préfecture de police.

Dans le quartier de l'emblématique place de la République, d'où s'est élancé le cortège parisien, flottaient d'épaisses fumées noires provoquées par des incendies de poubelles, qui se mêlaient à celle du gaz lacrymogène utilisé par les policiers pour contrer plusieurs centaines de manifestants, dont certains tiraient des mortiers d'artifice.

Deux personnes ont escaladé la statue, près de laquelle une voiture a été incendiée, pour l'habiller d'un gilet jaune floqué "2026 la police mutile les lycéens".

Abattre le système

En 2018-2019, le mouvement des "gilets jaunes" avait débuté par des protestations contre la hausse des taxes sur les carburants et donné ensuite lieu à des violences en marge des manifestations, notamment sur les Champs-Élysées, et à des mutilations de manifestants, dont les images avaient fait le tour du monde.

"Cette fois-ci nous allons gagner et abattre ce système", a affirmé Marjorie Keters, du collectif politique "Pour une écologie populaire et sociale", cependant que la manifestation principale elle-même se déroulait dans le calme.

Dans le centre de Bordeaux, le rassemblement de 7.000 personnes a en revanche dégénéré en affrontements entre éléments radicaux et police, ont constaté des journalistes de l'AFP.

"On n'en peut plus, on étouffe"

En dépit de ces incidents, nombreux sont ceux qui ont manifesté pacifiquement pour faire entendre leurs revendications, dans les grandes villes comme de plus petites, à Niort (ouest) ou encore à Valenciennes (nord).

"À la fin du mois, je n'ai plus rien, les prix augmentent mais pas les salaires. On n'en peut plus, on étouffe", s'est emporté Franck, un fonctionnaire quadragénaire qui a défilé à Guéret, dans le centre de la France, avec environ 400 personnes.

"Moi, je suis jeune. J'ai fait des études. Je n'ai pas de revenus. On a une planète qui brûle. Et on a un gouvernement qui se fout de notre gueule !", a pour sa part commenté Anaé, une étudiante de 24 ans, dans le cortège parisien.

Sur le site en ligne 17octobregiletjaune.net, l'appel à la mobilisation s'adressait aussi aux habitants des quartiers, paysans, ouvriers ou retraités, invités à descendre dans la rue et sur des ronds-points ou autour de stations-services, de péages ou d'axes de circulation.

En Belgique, des centaines de personnes ont manifesté samedi à Bruxelles et à Liège, dans le sillage de la journée de mobilisation organisée en France, des rassemblements marqués par quelques débordements imputés à des "casseurs" par les autorités.

ATS