Fribourg : vers plus de flexibilité dans la rémunération de l'État
Grand Conseil - FR
Les députés fribourgeois ont accepté jeudi une motion demandant une refonte de la loi sur le personnel de l'Etat (LPers) pour introduire davantage de flexibilité dans le système de rémunération, "au bénéfice des employés comme de l’employeur". La majorité bourgeoise a suivi l'avis du Conseil d'Etat.
La motion a été prise en considération par 62 voix contre 38 et 4 abstentions. L'octroi d'un délai de réponse plus long, voulu par l'exécutif, a passé pour sa part la rampe par 87 voix sans opposition et 15 abstentions.
L'idée défendue par les deux motionnaires, à savoir les députés centriste Christian Clément et UDC Nicolas Galley, n'est pas "d'affaiblir les conditions de travail", a relevé le second, lui-même employé de l'Etat de Fribourg.
La motion, avec ses 50 cosignataires, demande davantage de souplesse via un modèle de "plages salariales", influencées par l’appréciation des prestations ou une refonte complète du système actuel. La démarche a été en partie validée par le Conseil d’Etat, représenté par le grand argentier cantonal Jean-Pierre Siggen.
Trop de rigidité
L'exécutif estime que le remplacement des paliers annuels par un système de plages salariales est "une proposition intéressante et que cela mérite analyse", a-t-il répondu. Dans les faits, la rémunération se ferait davantage au mérite que selon les barèmes et échelons actuels qualifiés de "rigides" par les motionnaires.
"Un nouveau système salarial plus flexible apporterait aussi une marge de manœuvre plus importante à l’Etat-employeur, qui pourrait reconnaître et récompenser plus généreusement les efforts exceptionnels de son personnel", a dit le Conseil d’Etat. Ce dernier accepte donc le principe d’introduire davantage de flexibilité.
Gauche opposée
Toutefois, l'exécutif a sollicité "un délai de mise en œuvre à la fin de prochaine législature", soit en 2031, sachant que les prochaines élections se tiendront en novembre. Nicolas Galley a résumé la motion par la nécessité de conserver la motivation des employés sur la durée et de donner une flexibilité accrue l'Etat.
La gauche a voté unanimement contre un texte soutenu par la majorité de centre-droit du Grand Conseil. "La motion ne résout aucun problème et en crée de nouveaux", a dénoncé la députée socialiste Alizée Rey, en rappelant que la démarche consistait à continuer de "mettre sous pression le personnel avec le principe du mérite".
Contre l'immobilisme
L'opposition a déjà débordé au-delà des murs du législatif. Ainsi, le Syndicat des services publics (SSP) a dit craindre, dans un récent communiqué, l'introduction du salaire au mérite, avec l'arrêt des barèmes. Selon lui, il s'agit d'une attaque contre l'ensemble du service public, propos repris par le député Vert Alexandre Berset.
Christian Clément, l'autre motionnaire, a rejeté le constat de la gauche. "Le service public sortira renforcé, avec une politique salariale plus agile", a-t-il affirmé. "Le vrai coût, c'est l'immobilisme". Pour rappel, les députés ont déjà voté en février un mandat fractionné demandant un audit des processus administratifs.
La motion "signifie diminuer la masse salariale par le biais d’une enveloppe budgétaire qui sera réduite par rapport à la situation actuelle, estime encore le SSP. Et généraliser le salaire au mérite aura pour conséquence de réduire, voire de supprimer, la progression salariale d’une grande partie du personnel", avertit-il.