Fribourg : Groupe E jugé financièrement solide selon le rapport
Grand Conseil - FR
L'énergéticien Groupe E, détenu à plus de 80% par l'Etat de Fribourg, reste une entreprise "solide" financièrement. Telle est la conclusion du rapport rédigé à la suite directe du mandat "Groupe E: protégeons les intérêts de l’Etat et des citoyens de ce canton".
Le mandat interparti avait été accepté par le Grand Conseil en 2025, après la restructuration du groupe, actif notamment dans les cantons de Fribourg et Neuchâtel. Au terme de son analyse et sur la base d’un mandat externe, les préoccupations soulevées par leurs auteurs ne se "confirment pas dans les faits", estime le Conseil d'Etat.
Même si leurs inquiétudes étaient "compréhensibles dans un contexte de forte intensification des investissements et d’évolution du marché énergétique", reconnaît le rapport produit par le gouvernement et discuté devant le plénum mardi soir. L’analyse de la situation financière de Groupe E a été réalisée par Berney Associés.
Stratégie soutenable
Le document met en exergue la solidité financière du groupe, dont les ratios d’endettement, d’autonomie financière, de liquidités et de capacité de remboursement restent au-dessus des seuils critiques. Il souligne aussi une "large" marge de sécurité (970 millions) avant toute situation de perte de capital ou de surendettement.
La stratégie d’investissement et de financement alignée sur les objectifs nationaux et cantonaux de transition énergétique apparaît en outre "soutenable à condition d’un pilotage prudent et flexible". Ce que garantit le suivi "rigoureux" du conseil d’administration, notamment au moyen du ratio endettement net/EBITDA.
L’analyse démontre encore que les normes comptables Swiss GAAP RPC appliquées par Groupe E offrent une image fidèle de sa situation économique et que le recours à la norme IAS 36 (procédure d’évaluation de dépréciation d’actifs), ou plus largement aux normes IFRS pour tous les états financiers, n’apporterait aucune plus-value significative.
Investissements
Ces dernières normes génèrent même des coûts et contraintes disproportionnés pour une entreprise qui n’a pas d’activité internationale, note le rapport. Il serait cependant possible de réaliser un "instantané" IAS36 sur les états en fin d’exercice pour un coût compris entre 80'000 et 100'000 francs.
Ainsi, es résultats de l’audit confirment que Groupe E, fruit de la fusion en 2005 des Entreprises électriques fribourgeoises (EEF) avec Electricité neuchâteloise (ENSA), ne présente pas de risque "structurel" de surendettement et dispose des capacités pour mener à bien son plan d'investissements (2 milliards d'ici à 2034, en l'état).
Le Conseil d’Etat fribourgeois estime dès lors que les mécanismes actuels de gouvernance, d’audit et de suivi financier constituent une "base suffisante" pour garantir la stabilité du groupe et protéger les intérêts du canton, des collectivités publiques actionnaires et de la population fribourgeoise.
Licenciements
L'exécutif réaffirme néanmoins "comprendre" les préoccupations du Grand Conseil. En effet, il constate que, "malheureusement", les résultats de Groupe E de 2020 à 2024 n’ont pas été à la hauteur des ambitions, avec des pertes opérationnelles "très importantes" du pôle de la Direction technique et infrastructures (DTI).
Avec des causes à la fois externes et internes, constate le rapport. Ces difficultés, qui ont engendré une importante restructuration, comprenant 168 licenciements au moins, une réorganisation interne et des changements au niveau de la direction, "justifient" les inquiétudes exprimées par les députés et dépositaires du mandat.
"Cette position s’explique d’autant plus que l’entreprise prévoit d’importants investissements", rappelle le Conseil d'Etat. Le Groupe E a récemment lancé un audit externe et un test de dépréciation pour l’activité à laquelle est consacrée une grande partie de ses investissements, notamment les réseaux de chauffage à distance.