Fribourg: procédure accélérée pour un référendum contre l’accord AELE-Mercosur
Grand Conseil - FR
Les députés fribourgeois ont accepté vendredi une demande de procédure accélérée pour le traitement de la motion intitulée "référendum cantonal contre l’accord de libre-échange AELE-Mercosur". L'objet figurera à leur ordre du jour de la session de novembre.
La requête a été avalisée par 93 voix contre 1, sans abstention. La motion vient des députés vert François Ingold et UDC Eric Barras, qui tous deux sont opposés à l'accord de libre-échange conclu entre l'AELE, dont fait partie la Suisse, et les quatre pays sud-américains du Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay).
Les deux élus, de bords opposés, ne se sont pas lancés seuls dans la démarche. Ils ont convaincu plus de cinquante de leurs collègues de cosigner leur motion demandant que Fribourg exerce son droit de référendum cantonal contre un accord validé il y a moins d'un mois, en septembre, par les Chambres fédérales.
"Pire moment"
Présenté comme une avancée majeure pour l’économie suisse, l'accord ouvre également davantage le marché helvétique à des produits agricoles provenant d’Amérique du Sud. "Pour nous, cette ouverture intervient au pire moment pour l’agriculture suisse", écrivent les co-motionnaires pour motiver leur action.
Les deux députés craignent l’arrivée sur le marché suisse de produits moins coûteux ne répondent pas aux exigences helvétiques. A leurs yeux, les compensations prévues en faveur de l’agriculture constituent un "leurre". Le montant de 517 millions de francs est composé avant tout de prêts pour des crédits d’investissement.
"Si un accord commercial nécessite plus d’un demi-milliard de francs de mesures d’accompagnement pour l’agriculture avant même son entrée en vigueur, il est légitime de s’interroger sur le prix que devront finalement payer nos producteurs", ont relevé encore Eric Barras et François Ingold dans leur motion.
De toute façon, le peuple suisse devrait avoir finalement le dernier mot. L'alliance contre la déforestation de la forêt tropicale a en effet déjà annoncé le lancement d'un référendum.