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Politique

Genève veut réformer les sanctions éducatives à l’école

Genève veut réformer les sanctions éducatives à l’école

Rentrée scolaire

A Genève, le Département de l'instruction publique (DIP) veut favoriser un "climat scolaire sain" pour les 84'790 élèves qui ont repris le chemin de l'école lundi. Parmi les projets déployés pour y parvenir: une révision complète des sanctions éducatives.

"Il faut redonner l'autorité aux enseignants", a indiqué jeudi la cheffe du DIP, Anne Hiltpold, lors de la conférence de presse de la rentrée. Pour la magistrate PLR, "chaque transgression de règle nécessite une réponse", sous peine de discréditer l'ensemble du système. Le DIP entend ainsi harmoniser les pratiques et clarifier les responsabilités au sein des établissements.

Le projet de révision vise aussi à sanctionner les actes de violence commis entre élèves en dehors du cadre scolaire lorsqu'un lien direct avec l'école est avéré. Souvent les parents d'enfants harcelés sont frustrés parce que, les faits s'étant déroulés en dehors du cadre scolaire, il est difficile d'agir, selon Mme Hiltpold.

Des menaces

Actuellement réservé aux élèves du cycle d'orientation (CO), le conseil de discipline verra ses compétences élargies et pourra désormais traiter des cas impliquant des enfants dès 10 ans. La conseillère d'Etat a justifié cette mesure par l'existence de situations très violentes à cet âge, citant des jeunes qui boutent le feu à des bâtiments, profèrent des menaces de mort ou harcèlent leurs camarades.

Une consultation sera menée auprès de tous les acteurs concernés en vue de l'adoption d'un projet de loi pour réformer le système de sanctions. Le DIP veut que l'interdiction du harcèlement scolaire soit inscrite explicitement dans la loi. Il va aussi poursuivre ses actions de prévention contre le racisme et les discriminations, en collaboration avec des associations.

La conseillère d'Etat a aussi tiré un bilan positif des nouvelles sanctions liées à l'usage des téléphones au cycle d'orientation, entrée en vigueur en 2025-2026. Près de 5000 décisions ont été prononcées, avec une baisse progressive observée au fil de l'année, signe que les élèves ont peu à peu intégré l'interdiction. "Ils se parlent davantage", estime Mme Hiltpold.

Une question de moyens

Sur le plan pédagogique, cette rentrée scolaire est aussi marquée au cycle d'orientation par l'entrée en vigueur de projets pilotes pour la 9e année en tronc commun. Les cycles d'orientation de Bois-Caran, Cayla, Colombières, Renard et Voirets sont concernés. "Il s'agit de vérifier les effets de ce tronc commun sur le niveau des élèves", a souligné Mme Hiltpold.

Au niveau du primaire, la co-intervention dans les classes de 1P-2P va se poursuivre. Mise en place en 2024, elle prévoit la présence d'un second adulte en soutien à l'enseignant titulaire de la classe. Au total, 159 classes bénéficieront de la co-intervention (3180 élèves) contre 145 classes à la rentrée 2025.

Le DIP souhaite un déploiement encore plus large, mais la question des moyens reste en suspens: Mme Hiltpold a renvoyé sur ce point à la présentation du projet de budget 2027, agendée au 17 septembre.

Enfin, elle a fait de l'intelligence artificielle (IA) un fil rouge de son année à la présidence du Conseil d'Etat avec en ligne de mire le sommet mondial sur l'IA qui aura lieu à Genève en juin prochain. Elle va lancer une consultation auprès des élèves, des ateliers ainsi que des débats pour s'interroger sur la place de cette technologie dans l'éducation.

Nouveau calendrier

A noter que cette rentrée scolaire était la dernière à intervenir aussi tôt en août. En 2027, les élèves reprendront le chemin de l'école le 26 août. Ils auront aussi le pont du Jeûne genevois alors que celui de l'Ascension est maintenu. Les vacances d'été seront donc légèrement prolongées alors que celles de Pâques repasseront à dix jours.

ATS