Five Guys Genève condamné pour harcèlement sexuel au travail
Justice GE
La succursale genevoise de l'entreprise de restauration rapide Five Guys a été condamnée pour des faits de harcèlement sexuel sur le lieu de travail contre des femmes par des employés entre 2020 et 2022. Elle a décidé d'interjeter appel.
La plaignante avait démissionné pour mettre un terme aux faits subis qu'elle a dénoncés, des blagues grivoises et des attouchements. Selon le jugement de lundi, dévoilé jeudi par plusieurs syndicats, le tribunal des prud'hommes a reconnu "des actes répétés sur sa personne" et "l'environnement de travail hostile".
Plusieurs plaintes internes et dénonciations au syndicat UNIA avaient été formulées. Mais "la situation n'a guère changé", estime le tribunal. La démission a eu un effet sur les revenus de cette femme et l'employeuse est responsable de ne pas avoir protégé sa personnalité.
Le tribunal dénonce la "légèreté avec laquelle la dénonciation d'UNIA a été prise en considération". Il condamne l'entreprise à près de 20'000 d'indemnités et de dommages et intérêts. Dans une réaction à la RTS, l'entreprise affirme contester le jugement et elle annonce interjeter appel.
L'avocate de la plaignante souhaite désormais que ce jugement puisse se répéter dans d'autres cas similaires. La problématique du harcèlement sur le lieu de travail "est trop souvent minimisée", affirme l'une de ses consoeurs, experte en droit du travail.
Selon les données de la Confédération, plus de la moitié des employées en sont victimes, explique UNIA. L'hôtellerie-restauration fait partie des activités les plus affectées.