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Hongrie : Judit Polgar refuse la présidence de la République

Hongrie : Judit Polgar refuse la présidence de la République

Hongrie: Judit Polgar refuse la présidence

L'ancienne championne d'échecs Judit Polgar a décliné lundi la proposition du Premier ministre hongrois Peter Magyar de devenir présidente de la République, un poste devenu vacant après un amendement constitutionnel adopté la semaine dernière.

"Je ne me sens pas la force d'assumer la responsabilité historique de rassembler une nation divisée, et je ne peux donc pas accepter cette invitation", a publié sur les réseaux sociaux Mme Polgar.

Le dirigeant conservateur pro-européen Peter Magyar avait proposé la candidature de l'ancienne championne d'échecs Judit Polgar au poste de présidente pour l'aider à tenir sa promesse de "changement de régime" après les seize années de règne du nationaliste Viktor Orban.

La Hongrie "a besoin d'unité, de paix et d'un président dont tous les Hongrois puissent être fiers", a écrit M. Magyar dimanche soir sur Facebook.

Arrivé au pouvoir en mai, il s'était notamment engagé à nommer une personnalité de la société civile capable d'incarner l'unité du pays.

Judit Polgar, qui fêtera ses 50 ans dans quelques jours, est considérée comme la plus grande joueuse d'échecs de tous les temps. Elle demeure la seule femme à avoir intégré le Top 10 mondial toutes catégories confondues.

"Erreur de communication"

Lorsqu'elle a pris sa retraite en 2014, elle était la numéro un mondiale féminine depuis 25 ans.

Femme de consensus peu associée aux partis, Judit Polgar jouit d'une notoriété exceptionnelle en Hongrie.

Elevée avec ses soeurs pour devenir championne dans le cadre de la méthode pédagogique développée par leur père, elle a souvent raconté avoir dû surmonter les préjugés sexistes du monde des échecs.

"Il semble que Peter Magyar ait commis sa première erreur de communication de son mandat en manquant une étape dans le processus de nomination", a indiqué à l'AFP Szabolcs Pek, analyste senior au think tank Iranytu Institute.

"Au final, Polgar a rendu service à Magyar en déclinant l'offre... Je suppose que Tisza essaiera de davantage impliquer ses soutiens avant de faire son prochain choix", a-t-il ajouté.

Après le refus de Mme Polgar, Peter Magyar a demandé aux Hongrois d'envoyer des suggestions sur le choix du prochain chef de l'Etat.

Tout choix de candidat doit être approuvé par le Parlement, qui élit le président dans le système politique hongrois.

Si Judit Polgar avait accepté, elle aurait bénéficié du soutien unanime du parti Tisza de M. Magyar, qui dispose d'une majorité des deux tiers au Parlement.

Le Jeu de la dame

Mme Polgar a remporté des victoires retentissantes contre plusieurs champions du monde masculins, dont le Russe Garry Kasparov en 2002.

Retirée de la compétition depuis 2014, elle s'est tournée vers l'éducation et la promotion des échecs auprès des jeunes.

Son parcours a souvent été comparé à celui de l'héroïne de la série à succès de Netflix "Le Jeu de la dame" ("The Queen's Gambit").

Pour la présidence de la Hongrie, son nom avait d'abord été avancé dans une lettre ouverte signée par seize personnalités hongroises, parmi lesquelles l'inventeur du Rubik's Cube, Erno Rubik.

Judit Polgar n'a pas commenté publiquement cette proposition, balayée par le parti Fidesz de Viktor Orban. Dans une déclaration à l'agence MTI, son porte-parole Bertalan Havasi a estimé que "les questions de personnes importaient peu", dénonçant une "mascarade" et un "écran de fumée".

Ce refus intervient après que le président Tamas Sulyok, proche de l'ancien Premier ministre, a signé l'amendement constitutionnel adopté la semaine dernière par le Parlement, mettant fin à son mandat de manière anticipée.

Ce texte avait été présenté par le dirigeant conservateur comme une étape de son projet visant à démanteler le système mis en place par Viktor Orban afin de verrouiller les institutions du pays.

Ancien président de la Cour constitutionnelle, Tamas Sulyok était peu connu du public avant d'être élu par le parlement pour un mandat de cinq ans en 2024.

ATS