Insertion professionnelle : Bienne et Berne demandent au canton de revoir son projet
Aide sociale - BE
Les Villes de Bienne et de Berne ainsi que l’association maxi.mumm (Haute-Argovie) ont décidé ne pas participer à l'appel d'offres du canton en lien avec l'insertion professionnelle. Selon elles, les conditions financières prévues ne permettent pas d'exécuter la mission sans pertes. Les trois partenaires invitent le canton au dialogue et à revoir sa copie.
"Bienne, Berne et maxi.mumm mettent actuellement en œuvre chaque année des mesures d’intégration en faveur d’environ 2500 personnes. Ces mesures sont garanties jusqu’à fin 2027. Dès 2028, la mission ne pourra plus être assurée sans perte financière. Le nouveau système présente aussi des lacunes sur le plan professionnel", ont indiqué mardi à Bienne les trois entités.
Le canton de Berne souhaite réformer en profondeur le système d’insertion professionnelle dans le domaine de l’aide sociale. En mai, il a publié son nouveau modèle par voie d’appel d’offres. Le canton cherche des organisations partenaires pour sa mise en oeuvre dès 2028. Le délai de soumission des offres a expiré lundi.
"Les Villes de Berne et de Bienne ainsi que l’association maxi.mumm, portée par des communes, sont directement concernées par ces évolutions", ont-elles fait savoir. Depuis de nombreuses années, elles ont développé leurs propres structures et mènent des programmes d’insertion professionnelle et sociale pour le compte du canton.
La Ville de Bienne et maxi.mumm agissent dans leur zone de compétences respective pour les communes affiliées: 59 communes dans le Seeland et 39 en Haute-Argovie. La Ville de Berne fournit des prestations pour son propre compte et collabore avec des communes environnantes.
Déficits de plusieurs millions
Les trois entités ont évalué en détail l’opportunité d’une participation à l’appel d’offres. Elles ont décidé de ne pas soumettre d’offre pour des motifs d’ordre professionnel et financier.
"Les conditions financières de l’appel d’offres ne permettent pas d’exécuter la mission sans pertes. Le nouveau modèle de rémunération incitatif risque de générer des déficits financiers annuels de plusieurs millions de francs, qui devraient être compensés par les impôts des deux villes et des communes soutenant l’association maxi.mumm", ont-elles précisé.
Dans le nouveau modèle, il n’y aura plus de places d’insertion à long terme pour les personnes dont les chances de rejoindre le marché du travail ordinaire sont faibles. Selon les entités, "le futur système confiera aux services sociaux des communes et villes bernoises de nouvelles tâches, ce qui constitue un report de charges caché".
Le projet prévoit aussi que les participants aux programmes travaillent et bénéficient d’un soutien principalement dans les propres entreprises des organisations partenaires ou auprès de leurs sous-traitants. Les places proposées par des entreprises du secteur privé ne pourront désormais plus être utilisées que dans une mesure limitée.
"Cela implique de développer les structures étatiques tout en supprimant un grand nombre de coopérations fructueuses avec des partenaires des milieux économiques", peut-on lire dans le communiqué.
Communes pas associées
"Les Conseils municipaux de Bienne et de Berne ainsi que le comité de l’association maxi.mumm déplorent dès lors vivement que le projet ait été élaboré sans associer les communes qui assument actuellement ces prestations et qu’il s’écarte sensiblement des recommandations des milieux spécialisés et des enseignements tirés de la pratique. Ils regrettent également que les structures mises en place par les villes et les communes doivent éventuellement être abandonnées et que les investissements réalisés au fil des années soient ainsi perdus", écrivent-ils.
Les trois entités invitent donc le Conseil-exécutif du canton de Berne à réexaminer la voie choisie, à adopter une démarche participative avec les communes bernoises et à engager avec elles un dialogue constructif dans les meilleurs délais.