Israël accusé de crimes de guerre en Syrie par l’ONU
Israël accusé de crimes de guerre en Syrie
Israël retient des dizaines de Syriens sur le territoire syrien, situation qui peut équivaloir à des crimes de guerre, selon les enquêtrices onusiennes. Mardi à Genève, elles ont aussi demandé aux autorités de Damas d'évaluer la légalité de milliers de prisonniers.
Fin juin, 49 personnes, dont deux enfants, étaient détenues par l'armée israélienne après avoir été arrêtées sur le territoire syrien, a affirmé une membre de le Conseil des droits de l'homme, Fionnuala Ní Aoláin. Elle a dénoncé l'établissement par l'Etat hébreu d'un réseau de checkpoints provisoires et d'infrastructures militaires.
Cette approche "a significativement affecté les civils" syriens, a ajouté Mme Ní Aoláin, qui ne s'exprime pas au nom de l'ONU mais est mandatée par le Conseil des droits de l'homme. Des centaines de personnes ont été interrogées et détenues. La Commission cible une extension de l'occupation israélienne en Syrie.
Elle s'en prend également aux autorités syriennes. Celles-ci doivent évaluer la légalité de la détention de milliers de personnes accusées d'être liées au régime déchu de Bachar al-Assad. Damas répond que des milliers d'investigations ou de poursuites sont menées.
Les deux enquêtrices déplorent également l'absence d'indications sur les personnes portées disparues et sur les prisonniers après les violences à Soueïda l'année dernière. Plus de 1500 personnes avaient été tuées. La Commission avait considéré en mars que des actes équivalant à des crimes de guerre avaient été perpétrés.
Etats-Unis ciblés par les enquêtrices
Malgré des efforts du gouvernement, des problèmes importants sur les droits humains continuent "d'alimenter l'insécurité" dans cette région du pays, selon la membre de la Commission. Des milliers de druzes restent déplacés. Une "impasse continue" est observée entre les autorités locales et nationales sur cette situation, a ajouté Mme Ní Aoláin.
De même, l'établissement des responsabilités dans les affrontements entre milices proches du régime et des groupes alaouites dans l'ouest du pays se fait également toujours attendre. Plus de 1000 personnes avaient été tuées.
La Commission dénonce également toujours la détention de plus de 2000 individus, surtout des femmes et des enfants, dans le camp de Roj, dans le nord-est de la Syrie, en raison de leurs liens avec des djihadistes. Cette rétention constitue "la détention arbitraire pour des questions sécuritaires la plus massive" actuellement dans le monde, selon Mme Ní Aoláin.
Et auparavant cette année, près de 5800 hommes et enfants avaient été transférés de force en Irak dans un dispositif piloté par les Etats-Unis. Cette approche pourrait constituer une violation "massive" du principe de non-refoulement, ajoute la Commisson.