Les États-Unis ont coulé plus de 30 navires iraniens
Frappes "à grande échelle" sur Téhéran
L'armée israélienne a entamé vendredi, au septième jour de son attaque en Iran, une série de frappes "à grande échelle" sur Téhéran. Elle dit viser les infrastructures du pouvoir dans le cadre de ce qu'elle présente comme une nouvelle phase de sa guerre contre l'Iran.
Plusieurs médias iraniens, dont la télévision d'Etat Irib, ont fait état tôt vendredi de séries d'explosions dans différents quartiers de la capitale, notamment à l'est et à l'ouest.
L'armée israélienne a indiqué viser "l'infrastructure du régime". Elle a, selon l'agence d'Etat libanaise, également mené de nouveaux bombardements tôt vendredi sur la banlieue sud de Beyrouth.
Alors que la guerre lancée par Israël et les Etats-Unis contre la République islamique le 28 février embrase le Moyen-Orient et inquiète les acteurs économiques mondiaux, la durée du conflit demeure incertaine.
"Nous ne sommes qu'au début des combats", a affirmé jeudi soir le ministre américain de la défense, Pete Hegseth, assurant que Washington disposait d'assez de munitions pour "mener cette campagne aussi longtemps qu'il le faudra".
Pas de troupes au sol
Interrogé par la chaîne télévisée NBC News, le président américain Donald Trump a jugé qu'un déploiement de troupes au sol n'était pas nécessaire et représenterait "une perte de temps".
Selon le chef d'état-major israélien Eyal Zamir, la guerre entre dans une nouvelle phase. "Après avoir mené à bien la phase d'attaque surprise, au cours de laquelle nous avons établi notre supériorité aérienne et neutralisé le réseau de missiles balistiques, nous passons maintenant à la phase suivante de l'opération", a-t-il annoncé jeudi soir dans une déclaration télévisée.
Il a rappelé qu'Israël poursuivrait l'objectif d'un "démantèlement du régime" iranien et de ses capacités militaires au cours de cette nouvelle phase.
Jeudi, Donald Trump avait exigé "d'être impliqué" dans le choix du successeur d'Ali Khamenei, le guide suprême iranien tué dans une frappe aux premières heures de la guerre, écartant l'idée que le fils de celui-ci puisse être choisi.
Mais le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a exprimé la détermination de Téhéran, affirmant à la chaîne américaine NBC ne chercher ni "cessez-le-feu" ni "négociations".
Arabie, Qatar et Bahraïn visés
Au septième jour de la guerre, l'Iran conserve des capacités offensives. L'Arabie saoudite et le Qatar ont annoncé tôt vendredi avoir contré des attaques de drones et de missiles visant des bases aériennes, tandis qu'au Bahreïn un hôtel et des immeubles ont été touchés.
Les gardiens de la révolution, l'armée idéologique de la république islamique, a annoncé vendredi une nouvelle salve de missiles en direction de Tel-Aviv, où des explosions avaient déjà été entendues jeudi soir, sans qu'il soit fait état de victimes.
Et le Hezbollah pro-iranien, contre qui Israël mène une vaste offensive au Liban, a lui aussi dit avoir effectué des tirs de roquettes et d'artillerie vers Israël.
L'armée israélienne a eu l'ordre d'avancer plus en profondeur dans le sud du Liban afin d'étendre sa zone de contrôle à la frontière, selon Eyal Zamir.
Panique à Beyrouth
Jeudi, la panique s'était emparée de Beyrouth, après un appel inédit d'Israël à évacuer la banlieue sud de la capitale, un bastion du Hezbollah où des embouteillages monstres se sont immédiatement formés.
Dans la soirée, le secteur a été touché par des frappes, dont une "très violente" selon l'agence officielle ANI, l'armée israélienne ayant annoncé avoir commencé à cibler "des infrastructures du Hezbollah".
Selon le ministère libanais de la santé jeudi soir, au moins 123 personnes ont été tuées et 683 blessées depuis lundi. En Iran, l'agence IRNA évoque un bilan de 1230 morts depuis samedi, des chiffres que l'AFP n'est pas en mesure de vérifier. En Israël, le bilan s'établit à au moins 10 morts.
Sur le front naval, les Etats-Unis ont affirmé avoir coulé 30 navires iraniens depuis le début de la guerre. Mais le détroit d'Ormuz commandant le golfe Persique et par où transite en temps normal 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondiaux, reste de facto impraticable.
Concernant un autre axe stratégique, la mer Rouge, les Houthis au Yémen, alliés de Téhéran, ont assuré avoir "le doigt sur la gâchette" et être "prêts à répondre à tout moment".