Japon : moins de femmes au parlement après les législatives
Japon: moins de femmes au Parlement
Le nombre de femmes à la puissante Chambre basse du Parlement japonais a reculé après les élections législatives selon les résultats publiés mardi, un revers pour des élues déjà nettement sous-représentées dans une politique nippone dominée par les hommes.
La Première ministre Sanae Takaichi a renforcé son emprise sur le pouvoir au scrutin de dimanche, quatre mois après être devenue la première femme à diriger le gouvernement japonais, mais elle a montré peu d'appétence pour inscrire son leadership dans une perspective de genre.
Les femmes représentent désormais 15% des élus de l'assemblée, occupant 68 sièges sur 465 à la chambre basse - contre 73 en 2024 - après les élections, qui ont offert aux conservateurs de Mme Takaichi une victoire historique.
Quelque 24% des candidats étaient des femmes dimanche, un record, même si ce chiffre n'est supérieur que d'un point à celui de 2024.
Hikaru Fujita s'est présentée pour le Parti libéral-démocrate (PLD) au moment où elle était enceinte et a battu un député vétéran, raflant près de la moitié des voix dans sa circonscription.
Durant sa campagne dans le département de Nagano (centre), elle a promis de soutenir les jeunes et les femmes, et avait reçu l'appui personnel de Mme Takaichi lorsqu'elle avait annoncé sa grossesse.
Rôles solidement ancrés
Au Japon, les rôles genrés restent solidement ancrés : les femmes sont censées s'occuper de la maison et de la famille, même lorsqu'elles travaillent. Elles sont largement sous-représentées en politique et dans les affaires.
Mme Takaichi, une conservatrice assumée qui admire Margaret Thatcher, a nommé un gouvernement majoritairement masculin en octobre, malgré sa promesse d'accroître la représentation féminine.
Son arrivée aux affaires "ne semble pas avoir déclenché un mouvement fort au sein du PLD pour augmenter significativement le nombre de candidates", avait observé à l'AFP Yuki Tsuji, professeur à l'université de Tokai, au lancement de la campagne électorale.
Parmi les 68 femmes élues au Parlement, 39 viennent du PLD, soit un peu plus de 12% des 315 élus du parti.
Les positions sur l'égalité hommes/femmes de Mme Takaichi la placent à droite d'un PLD déjà conservateur : elle s'oppose ainsi à la révision d'une loi obligeant les couples mariés à porter le même nom de famille et soutient une succession impériale réservée aux hommes.
Yu Uchiyama, professeur de sciences politiques à l'université de Tokyo, estime que "Mme Takaichi est tellement connue pour sa position conservatrice qu'il est peu probable qu'elle consacre son énergie à des politiques" pour promouvoir la diversité, de l'égalité et de l'inclusion.
Le pays se classe 118e sur 148 dans le rapport 2025 sur l'écart entre les genres du Forum économique mondial.