Kevin Fiala : presque de retour au Mondial malgré la blessure
Mondial: Fiala se confie
Blessés, Kevin Fiala et Jonas Siegenthaler sont malgré tout présents avec l’équipe de Suisse. Les deux stars de NHL apportent leur soutien, ce qui démontre la grande cohésion du groupe.
En t-shirt et en short en zone mixte, Kevin Fiala raconte ce qui s'est passé ces derniers jours. Après que le médecin des Los Angeles Kings lui a donné le feu vert pour voyager en Suisse mercredi, l’attaquant a sauté dans un avion le soir même. "Je suis très reconnaissant de pouvoir être ici", s'empresse-t-il de préciser.
Fiala s’est fracturé le bas de la jambe gauche en février lors des JO face au Canada. Il a cependant rapidement regardé vers l'avant, s’est fixé de nouveaux objectifs et a travaillé dur pour pouvoir effectuer son retour cette saison. Trois jours avant le début du Mondial, vendredi dernier, il était encore sur la glace. "J’étais tout proche", explique-t-il.
A la question de savoir s’il avait voulu disputer ce Mondial et que les Kings avaient dit non, il répond: "C’est compliqué, je ne veux pas entrer dans les détails. Mais au final, c’est mieux ainsi, cela ne devait pas se faire. J’ai lutté jusqu’à la semaine dernière pour participer au Mondial, c'est pour cela qu'il a été encore plus difficile de l'accepter. Un rêve s’est envolé, Je suis passé d'un fol espoir à une grande déception."
L'an dernier, lui et sa femme Jessica ont perdu un enfant. Heureusement, la vie leur a offert ce deuxième enfant qui est né en mars dernier. "Accepter est très, très important. Je ne peux pas être triste pendant un ou deux mois, surtout pas avec deux enfants."
Siegenthaler surpris par le diagnostic
Après la fin de saison décevante des New Jersey Devils, Jonas Siegenthaler est revenu en Suisse aussi vite que possible et pensait pouvoir participer au Mondial. Le résultat d’une IRM n’était certes pas encore connu, mais comme il avait pu disputer la saison malgré des symptômes, le défenseur de 29 ans ne s’attendait pas à devoir subir une opération au niveau du cou. Le diagnostic l'a surpris. Chez d’autres, une telle blessure aurait d’autres conséquences, explique Siegenthaler. Il ne sait pas quand cela s’est produit, estimant aussi que cela peut être lié à l’usure normale du corps.
L’opération a été réalisée aux Etats-Unis. Vendredi, il est revenu et a rejoint l’équipe. On ne voit qu'un pansement au cou. "Tout s'est passé comme prévu, j'ai maintenant un nouveau cou", rigole le Zurichois. Il se plaît aussi à décrirer son rôle actuel au sein de la sélection: "Je suis l’homme à tout faire. Je n’ai pas de fonction précise. Je suis là pour aider les gars et le staff, sur la glace comme en dehors. Je suis disposé à tout faire."
Siegenthaler n’est toutefois pas logé avec l’équipe, tout comme Fiala, qui vit dans un autre hôtel avec sa femme et ses enfants. Andrea Glauser, également blessé, soutient lui aussi la sélection sur place. Cela démontre cet esprit d'équipe qui unit les Suisses. "Certains se connaissent depuis les juniors, appuie Siegenthaler. Aux derniers Mondiaux, nous avions en grande partie la même équipe. C'est pour cette raison que nous, les blessés, sommes aussi ici."
Fiala séduit par l’ambiance
Cette cohésion est aussi, selon lui, l’une des raisons pour lesquelles les joueurs ont rapidement retrouvé le bon cap après les temps agités liés à la mise à l’écart du sélectionneur Patrick Fischer à la mi-avril à la suite de son certificat covid falsifié. "Ils l'ont très bien géré", dit-il avec respect.
Pour Fiala, l’équipe de Suisse est "une grande famille. On a l’impression que chaque année, nous nous rapprochons encore davantage. Pour moi, il était très, très important de ne pas manquer ce Mondial à domicile, même blessé. Si j’ai été utile, je ne sais pas. J’apporte simplement mon amour, mon énergie, ma puissance."
Contre la Grande-Bretagne jeudi, Fiala a encouragé ses coéquipiers à Zurich en tant que supporter de luxe et il a été impressionné par l’ambiance: "J’ai assisté à beaucoup de Mondiaux et c’était la meilleure atmosphère que j’aie jamais vécue." Qui sait, peut-être que ce public enthousiaste, après quatre médailles d’argent mondiales depuis 2013, est enfin la pièce manquante vers le titre.