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Economie

L'économie mondiale résiste en 2026, mais l'incertitude persiste

L'économie mondiale résiste en 2026, mais l'incertitude persiste

L'économie mondiale résiste en 2026

L'économie mondiale devrait mieux résister qu'envisagé précédemment aux turbulences liées à la guerre au Moyen-Orient.

Viennent en soutien les aides publiques pour amortir la flambée des prix de l'énergie ou des investissements dynamiques dans l'IA, a indiqué mercredi l'OCDE.

L'Organisation de coopération et de développement économiques, qui souligne toutefois l'incertitude entourant ses perspectives, a relevé de 0,1 point, à 2,9%, sa prévision de croissance mondiale en 2026, dans son rapport trimestriel sur l'économie mondiale.

C'est un ralentissement par rapport à l'an dernier (+3,4%), attribuable à une énergie plus chère et des prix plus élevés qui érodent le pouvoir d'achat, mais il est un peu moins marqué qu'envisagé en juin en cas de "perturbations limitées dans le temps" liées au conflit.

"La croissance économique mondiale a ralenti mais est restée résiliente", constate l'institution basée à Paris dans son rapport.

Comme facteurs de résistance, elle mentionne "les mesures de soutien gouvernemental discrétionnaires, le recours partiel à des matières premières de substitution (comme le charbon, NDLR), l'augmentation de l'offre ne provenant pas des économies du Golfe et les prélèvements dans les stocks de pétrole", ainsi que "le dynamisme persistant des activités liées à l'intelligence artificielle (IA)".

La croissance atteindrait ensuite 3% en 2027 (-0,1 point par rapport à l'estimation précédente), grâce à une détente progressive des prix de l'énergie et à un reflux de l'inflation sous l'effet notamment d'un relèvement des taux directeurs par plusieurs banques centrales, dont la Banque centrale européenne (BCE) en zone euro et la Réserve fédérale des Etats-Unis (Fed).

Prudence

"De nouveaux ajustements des politiques monétaires pourraient être nécessaires si des signes de généralisation des tensions sur les prix apparaissent ou si les perspectives de croissance se dégradent sensiblement", a prévenu l'OCDE. Une hausse des taux permet de contrer l'inflation, mais elle peut aussi pénaliser la croissance en freinant la consommation et l'investissement.

L'organisation économique se garde contre tout excès d'optimisme: les perspectives économiques mondiales restent tributaires de l'évolution du conflit lancé par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran fin février.

Cette guerre affecte la distribution du pétrole et du gaz en raison notamment du verrouillage par Téhéran du détroit d'Ormuz, stratégique pour le transit d'hydrocarbures.

Très sensibles au moindre signe d'exacerbation ou d'accalmie des hostilités, les cours du pétrole sont repassés mardi sous la barre de 100 dollars le baril, avec l'espoir d'avancées diplomatiques, alors que les dirigeants mondiaux sont réunis à New York pour l'Assemblée générale de l'ONU.

Les variations des droits de douane américains (taux effectif estimé de 10,9% à mi-septembre) et l'envolée des taux souverains de plusieurs Etats, dont la France, ajoutent à l'incertitude.

Au plus haut depuis au moins 15 ans, le niveau des taux d'emprunt des Etats à long terme - autour de 4,50% pour la France - fragilisent leur situation budgétaire.

Cela conduit l'OCDE à plaider une nouvelle fois pour des mesures de soutien gouvernementales ciblées et limitées dans le temps face aux prix de l'énergie et une maîtrise accrue de la dépense publique.

La France à risque

Avec des finances publiques moribondes et une élection présidentielle lourde d'incertitude au printemps, la France, deuxième économie de la zone euro derrière l'Allemagne, est particulièrement à risque, en pleine quête d'un nouveau budget.

Sa prévision de croissance a été abaissée à 0,4% en 2026 (-0,3 point) dans une zone euro résistante (1%, +0,2 point), soutenue notamment par l'Allemagne (1,1%, +0,4 point).

Ensuite, l'activité économique se redresserait à 0,7% en France (-0,1 point), se stabiliserait en Allemagne (inchangé à 1,1%), mais elle perdrait en vigueur dans l'ensemble de la zone euro (1%, -0,2 point).

L'OCDE est plus optimiste pour les Etats-Unis (2,2% en 2026 et 2,1% en 2027). Pour la Chine, elle anticipe un ralentissement à 4,5% cette année puis 4,2%.

Après les canicules incendiaires de l'été, des épisodes météorologiques extrêmes sont également perçus comme des chocs potentiels pour l'économie mondiale.

Le phénomène naturel El Niño, annoncé comme le plus puissant jamais enregistré par des experts, atteindrait son pic vers la fin de l'année avec des effets possibles jusqu'en 2027. Il affecterait la production agricole et accentuerait les tensions sur les prix des produits alimentaires, prévient l'OCDE.

ATS