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Economie

Économie suisse: le PIB augmente de 0,2% au quatrième trimestre

Économie suisse: le PIB augmente de 0,2% au quatrième trimestre

Embellie pour l'économie suisse

L'économie suisse s'est légèrement embellie au quatrième trimestre de l'année dernière, le produit intérieur brut (PIB) augmentant de 0,2% par rapport au trimestre antérieur, selon une première estimation du Secrétariat d'Etat à l'économie (Seco) publiée lundi.

Les économistes interrogés par l'agence AWP tablaient sur une évolution du PIB suisse de cet ordre, prévoyant une hausse au dernier trimestre comprise entre 0,1% et 0,4%.

Au troisième partiel 2025, un fort recul de l'industrie chimique et pharmaceutique en raison des droits de douanes avait pesé sur l'économie suisse, entraînant une contraction du PIB (corrigé des événements sportifs) de 0,5%, après une progression de 0,2% au trimestre précédent.

Les chiffres d'octobre à fin décembre "témoignent d'une activité économique toujours fragile", a commenté Arthur Jurus, directeur des investissements chez Oddo BHF Suisse. Pour Thomas Gitzel, chef économiste chez VP Bank, "le recul enregistré au troisième trimestre ne peut être compensé, ce qui montre une fois de plus que les pays orientés vers l'exportation ont du mal à s'en sortir dans le contexte actuel".

Sur l'ensemble de l'année, l'économie du pays a néanmoins enregistré une croissance de 1,4%, après 1,2% l'année précédente et 1,3% en 2023. "Ces valeurs sont nettement inférieures au taux de croissance moyen du pays qui est de 1,8% depuis 1981", constate le Seco dans un communiqué, tout en mettant en exergue le fait que le PIB suisse 2025 a été supérieur de 11,2% à celui de 2019, dernière année avant la crise du coronavirus, "ce qui témoigne de la résilience de l'économie helvétique".

Les droits de douane ont pesé

Si l'industrie exportatrice a été freinée par le contexte international difficile, le secteur des services a connu une croissance supérieure à la moyenne en comparaison historique.

Le secteur pharmaceutique, moins exposé à la conjoncture et aux taux de change, a pour sa part à nouveau affiché une croissance de la valeur ajoutée l'an dernier, "ce qui n'a toutefois pas complètement compensé les baisses enregistrées dans d'autres secteurs industriels".

"Depuis début 2025, la hausse des droits de douane américains et l'incertitude qui en découle ont également influencé l'évolution", relève le Seco. Il observe que le taux de change a eu un effet modérateur: le franc s'est fortement apprécié en avril dernier et est resté ensuite à un niveau élevé par rapport à son historique.

En comparaison internationale, les Etats-Unis devraient avoir eu en 2025 une croissance du PIB nettement supérieure à celle de la Suisse, de 2,2%. Toutefois, la différence s'est quelque peu réduite par rapport aux années précédentes, note encore le bras économique de la Confédération. Dans la zone euro, la croissance a été plus proche de celle de la Suisse, à 1,5%.

Pas de reprise immédiate

Pour 2026, les prévisions du PIB suisse (corrigées des événements sportifs) des banques J. Safra Sarasin et Raiffeisen sont de +1,0%, celles d'Oddo BHF de +1,2%, tandis que l'institut de recherche BAK Economics s'attend à +0,9%.

L'appréciation du franc devrait soutenir le pouvoir d'achat grâce à la baisse des prix à l'importation, selon le Seco. Néanmoins, la croissance restera inférieure à sa moyenne à long terme en raison d'un environnement mondial plus incertain, de l'affaiblissement de la demande étrangère et des effets persistants des tensions commerciales.

"Ces projections dressent le portrait d'une économie suisse résiliente, mais qui ne connaîtra pas de forte reprise à court terme", résume Arthur Jurus.

Les données complètes et actualisés, qui seront disponibles fin février, pourraient modifier les résultats dévoilés.

ATS