Netanyahou : Israël a atteint plus de 50 % de ses objectifs en Iran
Poursuite des bombardements au Moyen-Orient
L'Iran a poursuivi ses frappes sur les pays du golfe Persique mardi en dépit des menaces du président américain Donald Trump d'"anéantir" ses centrales électriques et ses puits de pétrole, si un accord n'est pas trouvé "rapidement".
Engagé au côté de Washington, le premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a lui estimé que plus de la moitié de ses objectifs de guerre contre l'Iran étaient remplis. Il ne s'est cependant pas avancé sur un calendrier.
Tôt mardi, un pétrolier du Koweït, "entièrement chargé", a été attaqué par l'Iran à proximité du port de Dubaï, sans faire de blessé, a rapporté l'agence de presse koweïtienne. "L'attaque a causé des dégâts matériels sur la coque du navire et un incendie à bord, avec un risque de marée noire dans les eaux environnantes", a-t-elle averti.
A Dubaï encore, quatre personnes ont été blessées par la chute de débris provoquée par la défense antiaérienne et, en Arabie saoudite, huit missiles ont été interceptés, selon les autorités locales.
Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi a exhorté Riyad à "expulser les forces américaines" de son territoire, réaffirmant que les attaques de Téhéran dans la région ne visaient que ses "agresseurs ennemis".
"Interdiction de passage"
Sur son réseau social Truth Social lundi, Donald Trump avait averti l'Iran que sans réouverture du détroit d'Ormuz, par où transite d'ordinaire un cinquième des hydrocarbures mondiaux, les Etats-Unis poursuivraient l'offensive "en anéantissant complètement toutes leurs centrales électriques, leurs puits de pétrole et l'île de Kharg", point névralgique de l'industrie pétrolière iranienne.
Le président américain avait déjà évoqué dimanche une possible opération terrestre pour s'emparer du terminal de Kharg, qui assure environ 90% des exportations de brut du pays, et "prendre le pétrole" iranien.
Pour son allié Benyamin Netanyahou, interrogé par la chaîne télévisée américaine conservatrice Newsmax, "en termes de missions, et pas nécessairement de durée", "la moitié du chemin est clairement dépassée".
Le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio s'est lui dit optimiste sur la possibilité de pouvoir travailler avec des interlocuteurs - non identifiés - au sein du gouvernement iranien, après "quelques échanges" positifs.
Droits de passage à Ormuz
Pourtant à rebours des exigences de Donald Trump, une commission parlementaire iranienne a approuvé lundi un projet visant à imposer des droits de passage aux navires transitant par le détroit stratégique d'Ormuz, selon des médias d'Etat. Le texte inclut aussi "l'interdiction de passage" pour les Etats-Unis et Israël.
Après la mort de trois casques bleus indonésiens de la force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL), l'ONU tiendra mardi à 16h00 (heure en Suisse) à New York une réunion d'urgence de son Conseil de sécurité.
Deux casques bleus ont été tués lundi dans "une explosion d'origine inconnue" dans le sud du pays. Un premier était mort dimanche après l'explosion d'un projectile d'origine inconnue dans la zone frontalière.
Le conflit au Moyen-Orient, qui a fait des milliers de morts depuis son déclenchement le 28 février par une attaque américano-israélienne sur l'Iran, continue de faire vaciller les marchés financiers.
Prix du pétrole en hausse
Pour la première fois depuis le début de la guerre, le WTI, référence pétrolière américaine, a clôturé au-dessus des 100 dollars le baril lundi.
Le G7 finances-énergie, réuni par la France lundi en visioconférence, s'est dit prêt "à prendre toutes les mesures nécessaires" pour assurer la stabilité du marché de l'énergie.
"A terme, [le] régime [iranien] va s'effondrer de l'intérieur", a considéré Benyamin Netanyahou lundi à propos du pouvoir iranien, en répétant que ce n'était pas l'objectif de la guerre déclenchée par Israël et les Etats-Unis.
Israël a poursuivi ses frappes contre le Liban, son armée émettant de nouveaux avis d'évacuation en début de soirée aux habitants de plusieurs localités du sud et de l'est du pays, dont certaines généralement épargnées. Les médias iraniens ont fait état d'explosions et de coupures de courant à Téhéran mardi matin.
En Israël, au moins 10 explosions ont retenti au-dessus de Jérusalem après que l'armée israélienne a indiqué chercher à intercepter des missiles tirés depuis l'Iran.
L'armée israélienne a pour sa part annoncé mardi la mort de quatre soldats lors du même "incident" dans le sud du Liban. Ces décès portent à 10 le nombre de ses militaires tués depuis la reprise des hostilités avec le Hezbollah le 2 mars. Les autorités libanaises ont, elles, comptabilisé plus de 1200 morts et 3600 blessés dans les frappes israéliennes menées depuis la même date.