Trump évoque l'envoi de troupes au sol en Iran pour l'uranium enrichi
Vague de frappes et missiles au Moyen-Orient
L'Iran a assuré dimanche être capable de se battre pendant au moins six mois contre les Etats-Unis et Israël. L'armée israélienne a lancé, elle, des frappes sur des sites militaires en Iran et frappé un hôtel à Beyrouth accusé d'héberger des gardiens de la révolution.
La guerre au Moyen-Orient, entrée dimanche dans son neuvième jour, a aussi donné lieu à de nouvelles attaques aériennes nocturnes dans plusieurs pays du golfe Persique.
"Les forces armées de la République islamique d'Iran sont capables de poursuivre au moins six mois de guerre intense au rythme actuel des opérations", a déclaré un porte-parole des gardiens de la révolution, l'armée idéologique de la république islamique, cité par l'agence de presse Fars.
De leur côté, l'armée israélienne a annoncé avoir lancé dimanche matin une vague de frappes visant des sites militaires "à travers l'Iran", selon un communiqué.
Attaque en plein coeur de Beyrouth
Elle a aussi mené une "frappe de précision" contre "d'importants commandants" de la force Qods, la branche des opérations extérieures des gardiens de la révolution, que l'armée israélienne accuse d'"attaques terroristes". D'après le ministère libanais de la santé, Israël a frappé un hôtel en plein coeur de Beyrouth, faisant quatre morts et 10 blessés.
L'attaque a visé l'hôtel Ramada dans le quartier de Raouché, sur le front de mer, une zone touristique jusqu'à présent épargnée par les frappes israéliennes visant le mouvement chiite pro-iranien Hezbollah.
Dans une allocution, le premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, avait affirmé plus tôt que son pays allait poursuivre "de toute sa force" la guerre contre l'Iran, au moyen d'"un plan méthodique, avec de nombreuses surprises".
La guerre a démarré le 28 février à l'initiative d'Israël et de Washington, qui ont frappé le coeur du pouvoir à Téhéran et tué, entre autres, le guide suprême, Ali Khamenei.
Depuis lors, les bombardements israélo-américains continuent sur l'Iran. Israël mène aussi des raids au Liban pour neutraliser le Hezbollah. L'armée israélienne a dit avoir mené 3400 frappes en une semaine. Washington en a rapporté 3000.
Pays du golfe Persique visés
Le régime iranien réplique en envoyant des missiles et des drones vers Israël et des Etats du golfe Persique qui abritent des intérêts américains. Dimanche matin, les sirènes d'alerte ont d'ailleurs retenti à nouveau dans le nord d'Israël, en raison de l'arrivée de missiles tirés depuis l'Iran, selon l'armée.
La guerre déstabilise tout le Moyen-Orient et au-delà, en raison notamment des impacts sur la production et la distribution des hydrocarbures, qui font flamber les prix.
Au Koweït, des drones ont attaqué les réservoirs de carburant de l'aéroport international, selon le ministère de la défense local, qui a dénoncé une opération contre "une infrastructure essentielle"
En Arabie saoudite, le quartier diplomatique de Ryad a été pris pour cible par une attaque de drone, déjouée selon le gouvernement du royaume.
Le président iranien Massoud Pezeshkian s'était pourtant excusé samedi auprès des pays voisins pour les frappes iraniennes les ayant visés, assurant qu'ils ne seraient plus attaqués sauf si des frappes étaient tirées depuis leur sol. Puis le chef du pouvoir judiciaire Gholamhossein Mohseni Ejeï avait affirmé que Téhéran poursuivrait ses opérations contre des sites des Etats voisins de l'Iran utilisés dans "l'agression" contre lui.
"Loi de la jungle"
Le chef du conseil suprême de sécurité nationale iranien, Ari Larijani, a estimé que les Etats-Unis s'étaient "piégés" en misant sur une résistance de courte durée. "Ils pensaient que ce serait comme au Venezuela: ils frapperaient, prendraient le contrôle et ce serait fini", a-t-il dit.
Au début de la guerre, qui a embrasé la région et fait s'envoler les cours du pétrole, le président américain Donald Trump avait appelé le peuple iranien à renverser la République islamique, instaurée en 1979.
Mais si Washington souhaite la chute du pouvoir, l'objectif déclaré est de détruire les capacités balistiques de l'Iran et de l'empêcher de se doter de la bombe atomique, intention que Téhéran dément avoir.
Les autorités iraniennes ont recensé environ un millier de personnes tuées depuis le début de la guerre, dont 30% sont des enfants, des affirmations que l'AFP n'a pas pu vérifier.
La guerre au Moyen-Orient "n'aurait jamais dû avoir lieu", a lancé dimanche le chef de la diplomatie chinoise, Wang Yi, refusant un retour à la "loi de la jungle" au niveau international.