L'Iran, sous bombardements, choisit un successeur à Ali Khamenei
Vague de frappes et missiles au Moyen-Orient
L'Iran a annoncé dimanche avoir choisi un successeur au guide suprême Ali Khamenei, tué au premier jour de l'offensive américano-israélienne contre la République islamique. Cette désignation intervient alors que les bombes continuent de pleuvoir sur l'Iran.
L'Assemblée des experts, organe iranien chargé d'élire le haut dirigeant, n'a pas révélé le nom du successeur d'Ali Khamenei, qui était au pouvoir depuis 1989. Les noms qui ont circulé pour ce poste dévolu à un religieux sont ceux de Mojtaba Khamenei, le fils d'Ali Khamenei et d'Hassan Khomeini, le petit-fils du fondateur de la République islamique l'ayatollah Rouhollah Khomeini.
Israël a d'ores et déjà annoncé ces derniers jours que le nouveau guide suprême serait "une cible" et Donald Trump a fait savoir jeudi dans un entretien avec le site Axios qu'il n'accepterait pas que Mojtaba Khamenei prenne la relève.
Infrastructure pétrolière attaquée
Cette désignation survient alors que l'Iran continue d'être secoué par d'intenses frappes, de Téhéran à Ispahan. Un voile noir de fumée recouvre dimanche Téhéran et une forte odeur de brulé imprègne la ville, où des dépôts de pétrole ont été frappés par Israël alors que l'Iran se dit prêt à "au moins six mois de guerre".
Il s'agit de la première attaque rapportée contre des infrastructures pétrolières iraniennes depuis le début de l'offensive américano-israélienne lancée samedi dernier. La distribution de carburant à Téhéran est "temporairement" interrompue après ces frappes, selon le gouverneur de Téhéran.
L'armée israélienne dit avoir frappé "plusieurs" réservoirs de carburant utilisés selon elle par l'Iran "pour faire fonctionner leurs infrastructures militaires". Puis elle a annoncé dans la matinée lancer une nouvelle vague de frappes pour toucher des sites militaires "à travers l'Iran".
La guerre au Moyen-Orient, qui entre dimanche dans son neuvième jour, a également donné lieu à de nouvelles attaques aériennes dans le Golfe. Cette région riche en hydrocarbures compte plusieurs bases militaires américaines. Elle est désormais sous pression.
La guerre au Liban aussi
Par ailleurs, le coeur de la capitale libanaise a lui également été touché dans la nuit. D'après le ministère de la Santé, Israël a frappé un hôtel de Beyrouth, faisant quatre morts et 10 blessés. L'établissement est situé dans le quartier de Raouché, sur le front de mer populaire et touristique, jusqu'à présent épargné par les frappes israéliennes.
Israël a décrit une "frappe de précision" contre "d'importants commandants" de la Force Qods, branche des opérations extérieures des Gardiens de la révolution.
La banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah pro-iranien, est aussi de nouveau la cible de bombardements, selon des images de l'AFPTV. L'armée israélienne avait annoncé y cibler des infrastructures du mouvement.
Douze personnes ont par ailleurs été tuées dans des frappes israéliennes à travers le Liban dans la nuit, selon l'agence de presse officielle Ani.
- Des pays du Golfe visés dans la nuit -
La guerre a démarré le 28 février à l'initiative d'Israël et de des Etats-Unis, qui ont frappé le coeur du pouvoir à Téhéran et tué, entre autres, le guide suprême, Ali Khamenei.
L'armée israélienne a dit avoir mené 3400 frappes en une semaine. Washington en a rapporté 3000.
L'Iran réplique en lançant missiles et drones vers des Etats du Golfe et vers Israël, où les sirènes d'alerte ont retenti dimanche matin à travers le pays pour signaler des missiles en approche, selon l'armée israélienne.
Avertissement de Pezschkian
Le président iranien Massoud Pezeshkian a redit dimanche que "si l'ennemi tente d'utiliser le territoire d'un pays pour lancer une agression contre notre territoire, nous serons forcés de riposter".
Les ministres des Affaires étrangères de la Ligue arabe tiendront dimanche une réunion d'urgence par visioconférence sur les attaques iraniennes contre les territoires de plusieurs membres.
Au début de la guerre, qui a embrasé la région et fait s'envoler les cours du pétrole, Donald Trump avait appelé le peuple iranien à renverser la République islamique, instaurée en 1979.