La France classe la perdrix des neiges et le grand tétras protégés
La France protège deux oiseaux de montagne
La France a ajouté mardi le lagopède alpin, appelé aussi perdrix des neiges, et le grand tétras à la liste des oiseaux protégés. Ces deux oiseaux de montagne sont confrontés à "un déclin préoccupant" du fait notamment du réchauffement climatique.
Depuis 2009, aucune nouvelle espèce n'avait été ajoutée à cette liste qui compte plus de 250 oiseaux, dont la destruction, la capture ou l'enlèvement sont interdits. Leurs oeufs et leurs nids, ainsi que leurs sites de reproduction et leurs aires de repos, ne peuvent pas non plus être détruits, altérés ou dégradés, selon un arrêté publié mardi au Journal Officiel.
"Le grand tétras et le lagopède alpin sont des espèces emblématiques de nos forêts de montagne, aujourd'hui confrontées à un déclin préoccupant", a défendu la ministre de la Transition écologique Monique Barbut dans un communiqué.
Le statut d'espèce protégée rend "les financements plus aisés, surtout au niveau européen, et nous permet d'écrire un vrai plan de protection sur 10 ans", a-t-elle dit au quotidien La Dépêche lundi. "L'idée, c'est de stabiliser les populations, voire d'espérer une remontée, même si cela restera difficile", a ajouté la ministre.
"Un petit pas pour l'administration, un grand pas pour la protection de la nature", a réagi le président de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) Allain Bougrain-Dubourg auprès de l'AFP.
Disparition de l'habitat
Le lagopède alpin et le grand tétras subissent de plein fouet les conséquences du réchauffement climatique, qui réduit progressivement leur habitat. S'y ajoutent le dérangement lié aux activités humaines en montagne et l'artificialisation des milieux.
Selon la LPO, la perdrix des neiges "ne subsiste en France que dans les Alpes et les Pyrénées, sous forme de populations isolées et fragiles".
Quant au grand tétras, plus gros oiseau sauvage d'Europe, son déclin en France a été "spectaculaire" avec des effectifs qui ont chuté de près de 80% depuis 1960 dans les Pyrénées, où l'espèce ne subsiste aujourd'hui que sous forme de populations fragiles, avec également quelques noyaux résiduels dans le Jura et les Vosges, indique la LPO.
Un plan de réintroduction avait été mis en place dans les Vosges en 2024 mais ne sera pas poursuivi au vu de la mortalité de la quasi-totalité des individus réintroduits.