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Science et technologie

La seconde intercalaire pourrait être supprimée du temps officiel

La seconde intercalaire pourrait être supprimée du temps officiel

La seconde intercalaire proche de la sortie

L'avenir de la seconde intercalaire se joue jeudi, à Versailles. Ce bout de temps permet depuis 1972 de synchroniser les horloges atomiques avec la rotation irrégulière de la Terre. Mais aujourd'hui, on craint que cette astuce ne dérègle trop les ordinateurs.

La question figure au programme de la Conférence général des poids et des mesures (CGPM) qui se tient au sud-ouest de Paris et à laquelle la Suisse participe par l'entremise de représentants de l'Institut fédéral de métrologie (METAS), l'établissement chargé de définir les mesures physiques.

Pendant des siècles, la mesure du temps a été reliée à la rotation de la Terre sur son propre axe. Mais la vitesse de rotation de la Terre n'est pas constante. Elle est influencée par les forces de marée de la Lune et du soleil, mais aussi par les événements se produisant au coeur de la planète et les quantités d'eau et de glace à sa surface.

Les horloges atomiques, en revanche, mesurent le temps de manière constante. Pour éviter que ces deux mesures du temps divergent trop, il a été décidé que le temps universel coordonné (UTC) ne devra s'éloigner du temps lié à la rotation de la Terre que de 0,9 seconde au plus.

La seconde intercalaire intervient lorsque cette limite de 0,9 seconde est franchie. Pendant longtemps, la Terre a tourné trop lentement sur elle-même. Ainsi, depuis 1972, 27 secondes intercalaires ont été ajoutées au temps UTC, la dernière en date l'a été en 2016.

Dans l'inconnu

Mais ces dernières années, la vitesse de rotation de la Terre a semblé s'accélérer. Un phénomène qui obligerait non pas à ajouter une seconde intercalaire, mais à en retirer une. "Il s'agit d'une situation entièrement nouvelle" qui pourrait se transformer en un casse-tête informatique, relève-t-on chez METAS.

Beaucoup de systèmes ont été développés et testés pour faire face à l'ajout d'une seconde intercalaire. Le fait d'y introduire une seconde "négative" pourrait produire des effets "potentiellement imprévisibles", explique à Keystone-ATS l'institut fédéral de métrologie.

"Les systèmes de télécommunications, les réseaux informatiques, les marchés financiers et les installations industrielles pourraient être concernés, car toute cette infrastructure dépend d'une synchronisation précise du temps". La communauté internationale, face à ce risque, cherche des solutions.

Une des options envisagées serait de supprimer les secondes intercalaires, ce qui simplifierait certains aspects techniques de la mesure du temps. En lieu et place de 0,9 seconde d'écart maximum entre le temps universel et le temps astronomique, on pourrait autoriser à l'avenir une limite de 3600 secondes, soit une heure entière.

Imperceptible

Dans la vie de tous les jours, un tel changement passera inaperçu. La différence entre le temps mesuré à partir de la rotation de la Terre et le temps des horloges atomiques est en effet infime. En un siècle, l'écart ne sera que de quelques dizaines de secondes, pas assez pour être remarqué et avoir des conséquences pratiques.

"Le soleil, par exemple, continuera d'atteindre son plus haut niveau dans le ciel à midi heure locale", indique-t-on chez METAS. La suppression de la seconde intercalaire nécessiterait une éventuelle adaptation majeure dans un avenir lointain seulement. Les générations futures auront tout le temps d'y réfléchir.

ATS