La Télé - Télévision régionale Vaud et Fribourg La Télé
Social

Tensions et interpellations lors des premières manifestations en France

Tensions et interpellations lors des premières manifestations en France

Premières tensions en France dans les manifs

Plusieurs dizaines d'interpellations ont déjà eu lieu samedi matin à Paris. La tension monte dans la capitale et plusieurs villes de France lors de premières manifestations à l'appel d'anciens gilets jaunes et de jeunes.

"À la mi-journée, les autorités ont recensé 140 actions avec 32'800 personnes en province et 166 interpellations sur tout le territoire national", selon l'entourage du ministre français de l'Intérieur Laurent Nuñez.

À Paris, une soixantaine d'interpellations ont eu lieu en matinée et les forces de l'ordre sont intervenues autour de deux cortèges sauvages, selon les autorités. Selon une source policière, quelque 150'000 manifestants sont attendus hors agglomération parisienne et autour de 40'000 à Paris.

Colères

"Aujourd'hui, il y a un point de convergence de plein de colères, toutes légitimes et toutes plus ou moins liées", explique Florine Pigny, une tatoueuse de 36 ans, présente dans l'un d'eux.

Se présentant comme une "mère de famille qui s'inquiète pour l'avenir de sa fille", elle se dit ulcérée que "depuis quelques décennies, petit à petit, un petit bout par-ci, un petit bout par-là, nos gouvernants grignotent nos services publics, alors que dans le même temps, les ultra-riches s'enrichissent toujours plus".

Le souvenir du mouvement social des gilets jaunes en 2018-19, qui avait débuté pour protester contre la hausse des taxes sur les carburants, est dans tous les esprits. Les images des violences en marge des manifestations, notamment sur les Champs-Élysées, avaient fait le tour du monde.

A six mois de l'élection présidentielle, l'appel à faire renaître ce mouvement et à descendre dans la rue, bloquer des ronds-points et des points stratégiques pour protester contre la "vie chère" a rencontré la protestation des lycéens et étudiants réclamant de meilleures conditions d'études.

CNews ciblée

Parmi les interpellations parisiennes, 21 sont intervenues après une action devant le siège de la télévision CNews, détenue par le groupe du milliardaire conservateur Vincent Bolloré, cible de jets de projectiles.

A proximité de l'emblématique place de la République à Paris, point de départ du cortège, les forces de l'ordre ont fait usage à plusieurs reprises de gaz lacrymogènes pour répondre à plusieurs centaines de manifestants, pour la plupart masqués et vêtus de noir, dont certains tiraient des mortiers d'artifice, selon une journaliste de l'AFP.

Ailleurs en région, des incidents ont également été recensés. Un bâtiment de la fac de lettres de Rouen, en Normandie, a été touché tôt samedi par un incendie vraisemblablement d'"origine criminelle", selon une source proche du dossier.

Mairie de Marseille

À Marseille, des manifestants ont pénétré brièvement dans le hall de la mairie après avoir enfoncé la porte et un poste de police municipale a été pris pour cible par les manifestants.

À Lyon, les policiers ont dispersé à coups de grenades lacrymogènes près de 300 personnes rassemblées devant une université, a constaté l'AFP. Peu de blocages ont en revanche été constatés par les journalistes de l'AFP. A Toulouse, les forces de l'ordre sont intervenues pour empêcher des blocages de trains et d'un rond-point.

L'ampleur de la mobilisation reste difficile à anticiper, au premier jour des vacances scolaires et alors que les syndicats ont appelé les salariés du public et du privé à manifester et faire grève le 5 novembre, pour les salaires et les services publics.

Dans la deuxième économie de la zone euro, surendettée et sous étroite surveillance des marchés financiers, cette mobilisation intervient sur fond de fortes tensions sociales, alimentées par la flambée des carburants et par une baisse du pouvoir d'achat.

Le président Emmanuel Macron a lancé vendredi, depuis Bruxelles, un appel "au calme".

ATS