Bienne valorise son patrimoine horloger avec un guide et un site web
Patrimoine
Le projet "Bienne, ville horlogère" a pour ambition de mettre en valeur l'histoire et le patrimoine bâti liés à l'industrie horlogère de la cité seelandaise. Un guide imprimé, un site internet et des codes QR placés sur de nombreux bâtiments permettent de prendre la mesure de ce passé, tout comme une animation sur la maquette de la ville au Nouveau Musée Bienne (NMB).
Depuis plus de 150 ans, l'industrie horlogère est dans l'ADN de la ville, ont souligné des représentants des différentes parties prenantes, jeudi en conférence de presse. Cela se ressent dans son bâti, mais aussi par les innombrables histoires individuelles et familiales qui ont tourné autour de ces entreprises.
Au début du XXe siècle, plus de la moitié de la population biennoise vivait directement ou indirectement de la fabrication de montres. Cela représentait environ 15'000 personnes, a expliqué le chancelier municipal Julien Steiner.
"De petite ville à métropole dynamique"
En collaboration avec la Société d'histoire de l'art en Suisse et le NMB, la ville a mis sur pied le projet "Bienne, ville horlogère". Il comprend tout d'abord la publication d'un guide rédigé par l'historien Florian Eitel et l'architecte Andrzej Rulkal. L'ouvrage, en vente dès ce jeudi, rappelle les grandes étapes du développement de l'horlogerie biennoise et son influence sur le bâti.
L'industrie horlogère biennoise a connu des hauts et des bas, que ce soit au niveau de la production ou de l'emploi, a souligné Florian Eitel. Elle a notamment beaucoup souffert de la crise des années 1930.
"Dans cette publication, une attention particulière est portée aux femmes", a-t-il poursuivi. Elles représentaient un tiers des effectifs en 1870 et plus de la moitié en 1970. Une grande part d'entre elles venaient de l'étranger, par exemple d'Espagne et d'Italie.
On apprend aussi que l'industrie horlogère a profondément marqué l'économie, la société, l'architecture et l'urbanisme de la ville, dès le milieu du XIXe siècle. Bienne est ainsi passée "du statut de petite ville à celui de métropole dynamique", selon les auteurs.
Passé, mémoire, présent et avenir
C'est la première fois qu'un ouvrage retrace l'histoire de l'horlogerie biennoise dans son aspect global. En effet, le guide prend en compte non seulement toutes les marques, leurs sous-traitants et les entreprises dans le secteur de la machine-outil, mais aussi toutes celles et ceux qui ont oeuvré à leur succès. Jusqu'à présent, "nous n'avions pas un condensé de tout ce que l'horlogerie suppose pour Bienne et pour les Biennois", a relevé la maire Glenda Gonzalez Bassi.
L'horlogerie biennoise représente "notre passé, notre mémoire, notre présent et notre avenir", a-t-elle ajouté. Aujourd'hui encore, de nombreux Biennois sont actifs dans l'horlogerie ainsi que dans les entreprises sous-traitantes. Et certains touristes visitent la ville pour partir sur les traces de certains ténors de l'horlogerie suisse.
Visite guidée spécifique à l'horlogerie
Un site internet a également été élaboré. Il est en ligne depuis ce jeudi. On y trouve de nombreuses informations, une carte interactive de la ville avec des informations et des images sur les entreprises horlogères passées et présentes.
De plus, des QR codes seront peu à peu apposés sur différents bâtiments biennois liés à l'histoire et à l'industrie horlogère. Ils mèneront au site internet et donneront accès à des informations historiques et architecturales sur les bâtiments recensés. Enfin, la maquette de la ville au NMB est animée de sorte à montrer l'influence de l'horlogerie sur le développement de la ville.
Si le projet "Bienne, ville horlogère" permet de combler une lacune dans son historiographie ainsi que dans son patrimoine bâti et industriel, il contribue également à valoriser le patrimoine bâti ainsi que l'histoire de la ville. Dès l'an prochain, une visite guidée dédiée spécifiquement à l'horlogerie sera ajoutée à l'offre touristique.
Le projet a coûté 140'000 francs au total. La ville l'a soutenu à hauteur de 70'000 francs, l'autre moitié provenant de sponsors et de fondations.