BNP Paribas : bénéfice net en forte hausse au deuxième trimestre
Le bénéfice net de BNP Paribas décolle
La banque BNP Paribas a publié jeudi un bénéfice net en forte progression au deuxième trimestre, à 4,3 milliards d'euros, grâce à la vente de ses parts d'un assureur belge et l'intégration des activités de gestion d'actifs achetées à l'assureur Axa l'an dernier.
Le directeur général Jean-Laurent Bonnafé a salué dans un communiqué des "résultats élevés", rendus possibles par le "modèle diversifié" de la banque. Il a également mis en avant "l'accélération de sa transformation, notamment dans l'intelligence artificielle".
Le bénéfice net du géant bancaire réalise un bond de 33,4% sur un an et s'inscrit dans la ligne de ce qu'attendaient les analystes interrogés par l'agence financière Bloomberg et le fournisseur de données Factset.
Il rejoint presque le bénéfice record du premier trimestre 2023, alors gonflé par la cession de sa filiale américaine Bank of the West.
Le groupe, qui présentera son plan stratégique à horizon 2030 en février de l'année prochaine, affiche par ailleurs entre avril et juin un produit net bancaire (PNB, équivalent du chiffre d'affaires dans cette industrie), de 14,1 milliards d'euros, en progression de 12% sur un an.
Les frais de gestion ont en parallèle augmenté de 10,4%, à près de 8 milliards d'euros.
C'est le pôle englobant l'assurance et la gestion d'actifs qui a connu la plus forte progression au deuxième trimestre, avec des revenus en hausse de 27,3%, à près de 2 milliards d'euros.
Il profite de l'intégration de la filiale de gestion d'actifs Axa IM, dont l'achat a été finalisé l'été dernier pour 5,1 milliards d'euros. A périmètre et charge constants, la hausse du revenu sur ce pôle est de 8,4%.
Cette opération avait déjà profité à BNP Paribas au premier trimestre, et lui avait permis de dégager un bénéfice net record de 3,2 milliards d'euros entre janvier et mars.
L'assurance vie, un produit d'épargne très en vogue depuis plusieurs trimestres en France, a également contribué favorablement au résultat du deuxième trimestre.
Dynamique commerciale
BNP Paribas a aussi profité au deuxième trimestre de la comptabilisation dans son compte de résultats, à hauteur d'environ 850 millions d'euros, d'une plus-value liée à la cession à l'assureur belge Ageas des 25% qu'il détenait dans AG Insurance, via sa filiale belge.
Annoncée en décembre 2025, cette opération a été finalisée le 28 avril 2026.
La banque de financement et d'investissement a de son côté connu un "excellent trimestre", selon le communiqué, avec un PNB en hausse de 12,7% à 5,28 milliards d'euros, en partie grâce aux marchés actions et aux activités de conservation de titres.
Les banques commerciales (France, Belgique, Italie...) rassemblées avec les métiers spécialisés comme le crédit à la consommation ou la banque en ligne, affichent un PNB en hausse de 4,8% sur un an à près de 7 milliards d'euros, synonyme d'une "croissance soutenue confirmée" selon le communiqué.
La hausse des taux d'intérêt et celles des commissions expliquent cette évolution favorable pour les deniers de la banque, explique-t-elle.
La dynamique commerciale de la banque privée, réservée à la clientèle fortunée, est également mise en avant.
Au sein des métiers spécialisés, le crédit-bail automobile continue de souffrir, affecté par la baisse du prix des véhicules d'occasion "dans un contexte géopolitique défavorable", souligne la banque dans son communiqué.
BNP Paribas a par ailleurs fait état d'un "coût du risque", c'est-à-dire les sommes provisionnées pour faire face aux crédits impayés, de 949 millions d'euros.
Là encore, "l'évolution du risque géopolitique", et sans la nommer la guerre en Iran, participe à cette hausse de plus de 7%.
BNP Paribas ne fait toujours pas apparaître dans ses comptes une quelconque provision en vue de litiges qui pourraient lui coûter cher aux Etats-Unis, où la banque a perdu un procès important fin octobre.
Le groupe a été reconnu complice d'exactions au Soudan, en ayant organisé des transactions commerciales dont les recettes ont financé l'armée et les milices du régime d'Omar el-Béchir.
La banque a déposé le 22 mai auprès d'une cour d'appel de New York l'argumentaire contre sa condamnation.