Le chef du HCR juge sa mission impossible sans financement
Financement: le chef du HCR inquiet
Le haut commissaire de l'ONU aux réfugiés estime que l'agence onusienne est confrontée à une tâche "impossible" avec le manque de fonds. Lundi à Genève, il a admis que "le moment était difficile", annonçant une réorganisation structurelle.
"L'efficacité a des limites", a affirmé Barham Saleh au début du Comité exécutif du Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR). "Il y a un moment où davantage d'efficacité ne peut compenser moins de ressources", selon lui. "Les conséquences ne sont pas abstraites, elles sont subies par ceux qui en dépendent", a-t-il ajouté.
L'ancien président irakien reconnaît les difficultés financières qui affectent les Etats membres. "Mais il y a une différence entre faire plus avec moins et être prié de faire l'impossible", ajoute le haut commissaire. Parmi les effets, une aide à 50'000 rescapés du conflit est menacée au Soudan et l'enregistrement de dizaines de milliers de réfugiés est suspendu en Ethiopie.
Selon les indications jusqu'à vendredi dernier, l'agence onusienne n'avait reçu que 35% des 8,5 milliards demandés pour cette année. Pour 2027, le HCR table actuellement sur des soutiens de moins de 2,7 milliards qui pourraient être étoffés d'ici la fin de l'année au moment de la conférence de donateurs. M. Saleh demande des financements plus tôt, plus prévisibles et plus flexibles.
L'agence onusienne a fait face ces dernières années aux coupes américaines et d'autres pays. Depuis 2024, près de 8000 personnes ont quitté l'entité, la faisant passer de près de 20'000 à un peu moins de 12'000.
Effets dans 31 bureaux
Depuis son arrivée début janvier, M. Saleh a mandaté une évaluation indépendante du fonctionnement du HCR. Il souhaite une organisation "plus agile" et "plus durable" qui collabore davantage avec les autres composantes du système humanitaire onusien, notamment pour l'approvisionnement. Des modifications vont être menées dans 31 sites du HCR.
L'objectif est d'éviter les doublons au siège de Genève et dans les bureaux régionaux et de rapprocher davantage encore l'agence onusienne des personnes qu'elle aide. Les structures doivent être simplifiées et les responsabilités plus clairement établies. Autre innovation, le nombre de directeurs juste sous les postes politiques va passer de 12 à 6.
Environ 88% du personnel oeuvre en dehors de Genève. Et environ 70% sont des locaux. Environ 95% des capacités restent injectées sur l'assistance dans les différents pays. M. Saleh veut également que le HCR s'appuie davantage sur l'intelligence artificielle (IA) pour son dispositif.