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Défense

Pakistan frappe sept camps "terroristes" en Afghanistan, dizaines de morts

Pakistan frappe sept camps "terroristes" en Afghanistan, dizaines de morts

Nouvelles tensions entre Kaboul et Islamabad

Le Pakistan a annoncé dimanche avoir mené des frappes aériennes contre des groupes armés près de la frontière en Afghanistan, où les autorités ont fait état de dizaines de morts et blessés, dont des enfants. Ces bombardements sont les plus importants depuis octobre.

Le Pakistan les a justifiés par "de récents attentats-suicides", dont l'un dans une mosquée Islamabad au début février. L'armée pakistanaise "a mené des frappes sélectives sur la base de renseignements contre sept camps et refuges de terroristes appartenant aux talibans pakistanais" (TTP), a déclaré dans un communiqué le ministère pakistanais de l'information.

Elle a également ciblé un groupe affilié à l'Etat islamique (EI), ajoute le communiqué publié sur le réseau social X par le ministre de l'information Attaullah Tarar, sans préciser où ces frappes avaient été menées.

Le porte-parole du gouvernement afghan, Zabihullah Mujahid, a affirmé sur X que le Pakistan avait "bombardé [des] civils dans les provinces de Nangarhar et de Paktika [est, ndlr], faisant des dizaines de martyrs et blessés, dont des femmes et des enfants". "Les généraux pakistanais tentent de compenser les faiblesses sécuritaires de leur pays par ces crimes", a-t-il dénoncé.

Affrontements sporadiques

Dans le district de Bihsud, en Nangarhar, un bulldozer fouillait les décombres de bâtiments à la recherche de victimes, a constaté un journaliste de l'AFP. Douze enfants et adolescents comptent parmi 17 personnes tuées dans l'assaut contre une maison de ce district, a indiqué à l'AFP une source sécuritaire afghane ayant requis l'anonymat, n'étant pas autorisée à parler aux médias.

Longtemps proches, le Pakistan et l'Afghanistan s'affrontent sporadiquement depuis que les talibans ont pris le contrôle de Kaboul en 2021. Islamabad accuse son voisin d'abriter des militants armés qui lancent des attaques sur son territoire, ce que le gouvernement afghan dément.

Les relations se sont fortement détériorées ces derniers mois jusqu'à se transformer à la mi-octobre en un affrontement armé d'une ampleur inédite, qui a fait des dizaines de morts entre les deux voisins.

Selon Islamabad, les bombardements annoncés dimanche matin ont été ordonnés à la suite de plusieurs récentes attaques dans le nord-ouest ainsi qu'un attentat-suicide qui a fait 40 morts le 6 février lors de la prière du vendredi dans une mosquée chiite d'Islamabad.

Frontière fermée

Cette dernière attaque, revendiquée par l'EI, a été la plus meurtrière à Islamabad depuis un attentat à la bombe contre l'hôtel Marriott en 2008, qui avait fait 60 morts.

Si le Pakistan est un pays à majorité sunnite, les chiites représentent 10 à 15% de la population et ont déjà été ciblés par le passé. Islamabad a assuré dimanche que les autorités talibanes, malgré ses avertissements, n'avaient pas agi contre les groupes armés agissant depuis le territoire afghan.

"Le Pakistan s'est toujours efforcé de préserver la paix et la stabilité dans la région, mais, dans le même temps, la sûreté et la sécurité de nos citoyens demeurent notre priorité absolue", a dit le gouvernement, appelant la communauté internationale à faire pression sur Kaboul.

Depuis la mi-octobre, la frontière terrestre entre les deux pays est fermée, à quelques exceptions (Afghans renvoyés du Pakistan), affectant les échanges commerciaux et la vie de populations habituées à passer d'un côté à l'autre.

"Au cours des trois derniers mois de 2025, 70 civils ont été tués et 478 blessés en Afghanistan par des actions attribuées aux forces pakistanaises", selon un rapport de la mission des Nations unies en Afghanistan (UNAMA) publié le 8 février.

ATS