Tamedia : débrayage d'une heure dans les rédactions contre 41 licenciements
Le personnel de Tamedia débraye une heure
Le personnel des médias du groupe Tamedia a débrayé jeudi matin durant une heure pour dénoncer 41 licenciements, dont ceux de deux représentants syndicaux au sein des rédactions. Les sites de Genève, Lausanne, Zurich, Berne et Bâle sont concernés.
Dès 11h00, le débrayage se voulait national, tant dans les rédactions romandes qu'alémaniques du groupe. En Suisse romande, cela concerne les employés des rédactions de 24 heures, La Tribune de Genève, Le Matin Dimanche, Femina ou encore Bilan. A Lausanne, ils étaient une soixantaine de personnes à manifester devant l'entrée de la "tour Edipresse" et près de 30 personnes à Genève devant le bâtiment de la TdG et de Bilan.
"Tamedia condamne/tue vos médias", "Presse sacrifiée, liberté bâillonnée", "Journaux saignés, info sacrifiée""Presse qui coule, pas du tout cool" ou encore "A l'incompétence s'ajoute la brutalité" et "Biens piètres entrepreneurs" pouvait-on notamment lire sur les multiples pancartes brandies sur les deux sites lémaniques.
Motion de défiance
Les employés "dénoncent les licenciements en général et ceux abusifs de deux de leurs représentants par leur direction. Ceux-ci interviennent en plein bras de fer avec la direction au sujet des mesures d'économies prises par Tamedia, et constituent des mesures de rétorsion à l'encontre de celles et ceux qui défendent leurs intérêts", indiquent les Sociétés des collaboratrices et collaborateurs de Tamedia en Suisse romande.
Elles ont voté mardi avec 77 voix pour, deux contre et quatre abstentions, une motion de défiance envers la direction de Tamedia, respectivement Simon Bärtschi et Jessica Peppel-Schulz. En Suisse alémanique, une motion semblable a obtenu 124 voix pour, sept contre et quinze abstentions.
"Ces licenciements visent à instaurer un climat de peur au sein de l'entreprise et s'inscrivent dans une stratégie plus large de la direction visant à démanteler la Coordination des rédactions et à empêcher le dialogue social, pourtant garanti par la convention collective de travail. Une situation inacceptable", écrit le personnel.
Après les 25 postes supprimés en Suisse romande en 2024, une nouvelle vague de 13 licenciements frappe les rédactions de Lausanne et Genève cette année, selon le communiqué. Au total en Suisse, ce sont 41 licenciements qui ont été annoncés par l'éditeur en octobre dernier. Le personnel demande à la direction de renoncer aux licenciements.
Ville de Genève choquée
De son côté, dans un communiqué, la Ville de Genève demande à Tamedia de renoncer aux licenciements annoncés et "d'exprimer enfin clairement sa stratégie à long terme", soulignant "l'extrême brutalité du plan de licenciements en cours". Elle dit "s'inquiéter du peu de respect manifesté par l'entreprise envers ses collaborateurs et collaboratrices", écrit la Ville.
"Les autorités sont particulièrement choquées par le choix de l'entreprise de procéder notamment au licenciement ciblé de représentants du personnel ayant participé aux négociations sur le dernier plan social, mesure antisyndicale qui fait peser une menace claire sur toute personne qui défend les droits de ses collègues. Il est également préoccupant que les conditions négociées ne soient finalement pas respectées, les départs volontaires proposés n'étant pas pris en considération", réagit le Conseil administratif.
A noter qu'une grande manifestation sous la bannière "Sauver le journalisme - Défendre la démocratie" se tiendra le samedi 21 novembre sur la Place fédérale à Berne dès 15h00. Elle est organisée par des professionnels des médias de toute la Suisse, ainsi que par les trois syndicats et associations professionnelles de la branche des médias (impressum, Syndicom et le SSM).