Grand Conseil vaudois veut étudier un pass Interrail pour les 18 ans
Grand Conseil vaudois
Offrir un pass Interrail aux Vaudois atteignant leur majorité. Telle est l'idée que souhaite explorer le Grand Conseil, qui demande au Conseil d'Etat d'évaluer la faisabilité d'un tel projet pour donner le goût du train aux jeunes.
Soutenu par la gauche et les Vert'libéraux, ce postulat a été accepté mardi sur le fil par 70 voix, contre 69 refus. Les partisans du texte ont expliqué qu'il s'agissait de promouvoir le train auprès des jeunes de 18 ans pour leurs voyages en Europe, de leur montrer qu'il existe une alternative à l'avion.
Plusieurs députés ont rappelé la quantité d'émissions de gaz à effet de serre engendrée par l'aviation, et la nécessité de miser sur des alternatives durables comme le train. Un pass pour le réseau ferroviaire européen permettrait à plusieurs jeunes d'expérimenter "une autre manière de voyager", plus écologique mais aussi "simple et agréable".
Coût "raisonnable"
Le postulat évoque également le coût "raisonnable" que pourrait avoir une telle mesure. Si tous les Vaudois de 18 ans (environ 8000 chaque année) demandaient ce pass de 220 francs, ce qui est peu probable, le coût maximum pour le Canton s'élèverait à 1,76 million par année.
Co-auteur du postulat avec le Vert'libéral Sébastien Humbert, le Vert Alberto Mocchi a expliqué que la mesure a été testée "avec succès" dans sa commune de Daillens, dont il a été le syndic. Tous les jeunes du village ne sollicitent pas ce bon, mais celles et ceux qui l'ont utilisé ont dit qu'ils ne pensaient pas qu'il était "si facile" de rallier en train les grandes villes du continent, a rapporté le député écologiste.
Les partisans du texte ont aussi relevé qu'il ne s'agissait "que" d'un postulat et qu'il reviendra au Conseil d'Etat d'étudier cette proposition et, si nécessaire, d'envisager d'autres pistes.
"Geste électoraliste"
La droite de l'hémicycle a tenté, en vain, de s'opposer, critiquant une mesure "inefficace", "coûteuse" et qui ne serait qu'un "geste électoraliste" de la gauche. Il est "grandement naïf de croire qu'un cadeau de 200 francs va changer la mentalité" des jeunes en matière de transport, a par exemple estimé le PLR Grégory Bovay.
Un tel bon profiterait par ailleurs davantage aux étudiants (plutôt qu'aux apprentis) et aux jeunes vivant en ville (plutôt qu'à ceux résidant dans des régions isolées), ont relevé des opposants. Ceux-ci ont aussi mentionné le risque que ces bons soient revendus ou encore que les jeunes soient davantage incités à voyager à l'étranger plutôt qu'en Suisse.
Le postulat ayant été accepté, il revient désormais au Conseil d'Etat de rédiger un rapport sur la question et d'étudier la faisabilité d'un tel bon Interail. La ministre en charge du dossier, Nuria Gorrite, ne s'est pas exprimée mardi lors du débat.