Élections américaines de mi-mandat : confusion sur le vote par correspondance
Confusion et suspension pour les "mid-terms"
Les élections américaines de mi-mandat ont débuté vendredi dans la confusion autour du vote par correspondance. Alors que les premiers bulletins sont envoyés, le président américain Donald Trump cherche à obtenir des tribunaux de nouvelles restrictions.
La Caroline du Nord a commencé à envoyer des bulletins, lançant officiellement une séquence électorale qui culminera le 3 novembre et décidera de la majorité au Congrès pour les deux dernières années du mandat du président américain. Mais les électeurs et les responsables électoraux ignorent toujours quelles règles pourraient s'appliquer à des millions de bulletins envoyés par courrier.
Donald Trump, qui a fait de cette question un cheval de bataille, demande à la Cour suprême des Etats-Unis de rétablir des restrictions adoptées par décret avant d'être bloquées par une juge le 27 août. La magistrate a prolongé vendredi le blocage du projet du président jusqu'à la date de l'élection.
"Virtuellement impossible"
"La myriade d'obstacles évoqués et le temps négligeable pour les responsables de se familiariser avec les nouvelles procédures rendra le respect de ces règles par les responsables locaux et des Etats virtuellement impossible" d'ici au 3 novembre, conclut-elle.
Pendant ce temps, les Etats se préparent tant bien que mal à des changements qui pourraient intervenir après le début du vote.
Le contentieux a par ailleurs été renforcé cette semaine par les accusations d'un lanceur d'alerte contre le nouveau système mis en place par la poste américaine pour se conformer au décret de Donald Trump. Celui-ci ordonne aux Etats de créer une liste des électeurs habilités à voter et à la poste de ne délivrer des bulletins de vote par correspondance qu'aux personnes qui y figurent.
"Potentiellement, des millions d'électeurs américains pourraient ne pas recevoir, à temps ou du tout, leur bulletin de vote par correspondance pour les prochaines élections", a mis en garde le lanceur d'alerte.
Les enveloppes contenant les bulletins devraient également comporter des codes-barres, la poste étant habilitée à refuser les envois qui ne respecteraient pas ses exigences.
Républicains en mauvaise posture
Le gouvernement affirme que ces règles visent à protéger l'intégrité des élections. Depuis des années, Donald Trump martèle sans preuve que le vote par correspondance favorise la fraude, tout en y ayant lui-même recours, notamment lors de la primaire républicaine en Floride le mois dernier.
Les responsables de Caroline du Nord ont indiqué que les envois de vendredi se dérouleraient normalement et que l'Etat n'avait pas l'intention d'utiliser le système au coeur du litige.
Dix-huit autres Etats devraient commencer à distribuer des bulletins environ 45 jours avant le 3 novembre.
Les "mid-terms" semblent mal embarquées pour la majorité républicaine, la popularité de Donald Trump étant au plus bas, entre guerre en Iran et prix qui flambent, en particulier ceux de l'énergie. Selon un modèle de projections de l'université Cornell, l'opposition démocrate a 8 chances sur 10 de prendre le contrôle de la chambre des représentants.