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Science et technologie

Artémis II : mission-test, les 4 astronautes en route vers la Lune

Artémis II : mission-test, les 4 astronautes en route vers la Lune

La mission Artémis II lancée avec succès

Les quatre astronautes de la mission Artémis II de la NASA se sont envolés mercredi pour un aller-retour de dix jours autour de la Lune. Cette mission-test doit ouvrir la voie à un retour sur le sol lunaire en 2028.

"Après une brève interruption de 54 ans, la NASA reprend sa mission d'envoyer des astronautes vers la Lune", a déclaré Jared Isaacman, le patron de l'agence spatiale américaine, lors d'une conférence de presse après le lancement réussi.

La fusée Space Launch System (SLS) a décollé à l'heure, à 18h35 (00h35 jeudi en Suisse), du centre spatial Kennedy, à Cap Canaveral, en Floride. Quelques minutes plus tard, le commandant américain de la mission, Reid Wiseman, s'exclamait déjà: "Nous voyons un beau lever de Lune".

"Nous partons pour l'humanité tout entière", avait déclaré dix minutes avant le décollage son coéquipier canadien Jeremy Hansen. A bord ont également pris place les Américains Victor Glover et Christina Koch. Ils se sont envolés du même pas de lancement légendaire d'où étaient partis les astronautes d'Apollo, pour ce premier retour vers la Lune depuis la fin des vols Apollo en 1972.

Capsule Oriont en orbite

Leur capsule Orion s'est détachée, comme prévu, huit minutes après le décollage du premier étage qui l'a propulsée dans l'espace, puis elle s'est placée en orbite terrestre. Elle fera plusieurs fois le tour de la Terre à quelque 27'000 km/h, en augmentant progressivement son altitude, afin de vérifier que les systèmes fonctionnent.

La prochaine grande étape aura lieu vendredi vers 00h30 (en Suisse), lorsque les astronautes allumeront les moteurs pour prendre la direction de la Lune, dont ils feront le tour lundi, sans se poser, comme Apollo 8 en 1968.

Dans la soirée, le président américain Donald Trump a commencé son allocution sur l'Iran en félicitant les "courageux astronautes" pour leur lancement réussi.

Quelques imprévus techniques ont occupé le centre de contrôle de la NASA à Houston dans les premières heures du vol: la communication avec les astronautes a brièvement été perdue et les toilettes ne fonctionnent pas encore.

Manoeuvre en orbite réussie

Mais une manoeuvre en orbite, lors de laquelle Victor Glover a pris les commandes d'Orion pour simuler un amarrage avec un autre appareil, s'est déroulée parfaitement. "C'était bien de voler avec vous, Houston. Beau véhicule", a-t-il lancé au centre de contrôle.

Le programme Artémis a coûté des dizaines de milliards de dollars et pris des années de retard. "La NASA a vraiment besoin que cela marche", dit à l'AFP Casey Dreier, de The Planetary Society, rappelant que le moral au sein de l'agence est en berne, à cause de problèmes budgétaires et de départs en masse, notamment des chercheurs qui travaillent sur le climat.

A l'origine, le programme Artémis a été conçu pour symboliser un nouvel esprit de collaboration internationale et d'inclusion. Son équipage est ainsi le premier à inclure une femme, un homme noir et un non américain; les pionniers de l'époque d'Apollo (1968 à 1972) étaient tous des hommes américains blancs.

Les Européens participent: ils ont fabriqué le module qui propulse Orion et devaient envoyer leurs astronautes dans de futures missions, y compris sur la Lune.

Nombreuses incertitudes

Mais la NASA a récemment modifié en profondeur la suite du programme Artémis, annulant le projet de station en orbite lunaire, et n'a pas clairement dit si les Européens garderaient leur billet pour la Lune.

Présent au centre Kennedy, le directeur général de l'Agence spatiale européenne (ESA), Josef Aschbacher, a confirmé à l'AFP qu'il allait devoir s'"asseoir avec l'administrateur, Jared Isaacman, et la NASA, pour négocier" les places.

Le retour des astronautes d'Artémis II est prévu le 10 avril au large de la Californie, dans l'océan Pacifique. Ils devraient battre le record de l'équipage s'étant le plus éloigné de la Terre, lundi prochain.

Leur mission vise à confirmer que la fusée SLS, haute de 98 mètres et non réutilisable, pourra acheminer des astronautes sur la surface lunaire d'ici à 2028, avant la fin du mandat présidentiel de Donald Trump.

Mais la date de 2028 fait douter les experts car les astronautes auront besoin d'un alunisseur, qui est toujours en cours de développement par les entreprises des milliardaires Elon Musk (SpaceX) et Jeff Bezos (Blue Origin).

ATS