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La publicité suisse moins stéréotypée en 2025, selon Protocole Gisler

La publicité suisse moins stéréotypée en 2025, selon Protocole Gisler

Publicité: moins de clichés de genre en 2025

La publicité suisse a moins répandu de clichés de genre l'année dernière, indique mardi l'association Protocole Gisler. Des résultats "encourageants", mais parfois insuffisants, selon l'organisation.

Près de 87% des spots analysés en 2025 étaient exempts de ces stéréotypes, note l'association dans un communiqué. Il s'agit d'un point de pourcentage de plus que l’année précédente.

Dans les 369 publicités vidéos suisses, l'organisation remarque que les rôles de genre les plus populaires sont restés les mêmes: ceux de "l'homme drôle" et de "la femme qui s'occupe de tout". Pour les rôles relatifs aux soins, elle observe un changement. Selon le communiqué, "dans 17 spots publicitaires, des hommes se sont chargés de tâches liées au ménage, aux enfants ou aux proches, dépassant ainsi les 10 femmes qui apparaissaient dans des rôles similaires".

L'année dernière, 21 femmes expertes se sont chargées de fournir des explications, "un domaine longtemps considéré comme dominé par les hommes. Seuls deux hommes ont eu l'occasion de faire de même dans les spots analysés", note l'association qui lutte contre les stéréotypes dans la publicité.

"On voit toujours très peu de femmes dans des rôles humoristiques et très peu d’hommes qui savourent quelque chose, comme du chocolat", remarque Nina Bieli, co-initiatrice et présidente de l’association Protocole Gisler.

Catégories sous-représentées

À trois reprises, une personne dont l'apparence ne correspondait pas à la conception binaire du genre est apparue dans une publicité. Une situation qui reste pratiquement inchangée par rapport à l'année précédente. Pour l'association, ces chiffres sous-représentent la part des personnes "qui ne s’inscrivent pas dans les normes de genre binaires".

"Elle reste pratiquement inexistante, et ce, même dans les campagnes qui s’adressent explicitement à un jeune public. Cela doit changer.

Une personne non perçue comme blanche est apparue à 95 reprises, soit 26 % des spots analysés. L'année précédente, ce chiffre s'élevait à 17 % des spots. Bien qu'il n'y ait pas de données concernant la proportion de personnes perçue comme non-blanche en Suisse, 41 % de la population est issue de l'immigration.

"On peut ainsi constater que la représentation des personnes non perçues comme blanches s'est améliorée, tant sur le plan quantitatif que qualitatif (type de rôle, sujet de la publicité, ndlr), par rapport à l'année précédente", selon le communiqué.

Le handicap marginalisé

Les personnes vivant avec un handicap visible sont apparues à trois reprises uniquement. "Sur les 369 spots analysés, on ne voit qu’une seule fois une personne en fauteuil roulant, sans aucun lien avec le sujet abordé. Cela nous touche profondément.

Les personnes en situation de handicap participent à la vie sociale, mais sont pratiquement absentes de la publicité suisse, sauf lorsqu’il est explicitement question de leur vie avec ce handicap", conclut Mme Bieli.

ATS