Logement à Genève : le MCG veut durcir la préférence cantonale
Immobilier - GE
Le MCG veut renforcer l'accès des résidents genevois aux logements subventionnés. Le parti a dévoilé mercredi à Genève une initiative cantonale qui durcit les conditions et s'attaque au quota de 20% d'attributions par l'Etat. Il a jusqu'au 18 décembre pour récolter 4272 signatures valables.
"Notre thématique, c'est la préférence cantonale", a affirmé à la presse le président du MCG François Baertschi en présentant ce projet de modification législative. La situation difficile sur le front du logement, avec un taux de vacance de 0,31% en juin dernier, l'impose, selon le parti.
Environ 7500 personnes attendent un logement subventionné. Soit le même nombre environ que le volume d'appartements pilotés par les cinq fondations de droit public en charge de les attribuer.
Avec l'initiative, l'accès aux logements sociaux serait réservé d'abord aux personnes qui ont résidé cinq ans de suite dans le canton durant les dix dernières années. Ce seuil, en vigueur il y a plus de 30 ans, avait été ramené à deux ans avant de passer à quatre ans après une votation en 2022.
Le MCG accuse l'Etat d'avoir "trahi" la décision populaire en la détournant par voie réglementaire. L'initiative cherche à mettre fin aux dérogations et à l'"arbitraire" de l'Office cantonal du logement qui utilise, selon le conseiller national Roger Golay, son quota pour placer des requérants d'asile.
Autres propositions prévues
"Nous sommes conscients qu'il faut les loger, mais est-ce aux fondations immobilières de le faire?" demande-t-il. Et de reprocher à la Confédération de se décharger sur Genève. Seule exception, un bailleur pourrait s'exonérer de l'initiative après six mois s'il peut prouver qu'il n'a pas trouvé de locataire répondant aux critères.
La plupart des personnes sur liste d'attente s'y trouvent déjà depuis plus de cinq ans. Quelques centaines de dossiers pourraient avancer, admet M. Golay. "On ne règle pas le problème de pénurie collective, mais on donne des solutions individuelles", explique M. Baertschi.
Pour s'attaquer au problème de fond, "il faut pouvoir construire. Il n'y a pas de miracle", dit M. Golay. Le parti promet des propositions en 2027 pendant la campagne pour les élections fédérales.