La Télé - Télévision régionale Vaud et Fribourg La Télé
Politique

Londres : 50 000 manifestants contre l'extrême droite

Londres : 50 000 manifestants contre l'extrême droite

Manif contre l'extrême droite à Londres

Des dizaines de milliers de personnes ont défilé samedi à Londres lors d'une marche contre l'extrême droite, à l'appel d'un collectif d'associations et de personnalités de gauche. Elles ont dit "Non à la haine" avant des élections locales cruciales prévues le 7 mai.

Selon les organisateurs, un demi-million de personnes avaient fait le déplacement. La police de Londres avançait pour sa part un chiffre de 50'000 participants. Une marche distincte pro-palestinienne avait également convergé vers le rassemblement principal.

Cette marche intervient six mois après celle, d'une ampleur inédite, organisée par l'agitateur d'extrême droite Tommy Robinson, qui avait réuni plus de 150'000 personnes, et dans un contexte de montée en puissance du parti Reform UK. M. Robinson a, en outre, d'ores et déjà annoncé un autre grand rassemblement pour le samedi 16 mai.

Organisations et personnalités

Organisée par la Together Alliance, collectif qui regroupe notamment Amnesty International, le syndicat Unite ou encore l'association antiraciste Stand Up to Racism, cette marche a été présentée comme "la plus grande contre l'extrême droite de l'histoire du Royaume-Uni".

Les manifestants se sont rassemblés en fin de matinée non loin de Hyde Park, l'un des poumons verts de la capitale, pour gagner Whitehall, où se trouvent les principaux bureaux du gouvernement britannique. Parmi les nombreuses pancartes: "Non au racisme" ou "vous ne pouvez pas nous diviser".

Des personnalités étaient également présentes, dont le chef des Verts, Zack Polanski, le chanteur Billy Bragg et des membres du groupe de reggae anglais UB40. "Des journées comme celle-ci sont là pour faire passer un message... nous sommes inarrêtables", a déclaré M. Polanski.

"Climat toxique"

Emily Roth, 23 ans, étudiante en droit international à Edimbourg, a tenu à faire le déplacement afin de dénoncer "le climat toxique mondial". Même tonalité pour son amie Tatiana, selon qui "nous vivons une période très dangereuse où certains politiciens d'extrême droite essaient de nous diviser".

La possibilité de voir Nigel Farage, l'ex-héraut du Brexit et chef de Reform UK, arriver au pouvoir est une source de "préoccupation" pour Robert Gadwick, 48 ans, actuellement sans emploi. Il a fait le déplacement depuis Bath (sud-ouest de l'Angleterre).

"Nous avons déjà connu cela avec le Brexit : ce sont les mêmes mensonges et pourtant certaines personnes décident d'y croire", a-t-il déploré, alors que la formation de M. Farage domine les sondages d'intention de vote dans le pays.

Rose Batterfield, une retraitée de Stratford-upon-Avon (centre), a elle indiqué "ne plus reconnaître le Labour", se disant "stupéfaite" par la politique migratoire actuelle. "L'idée que l'on puisse mettre en oeuvre des idées d'extrême droite pour arrêter l'extrême droite est absurde", a-t-elle dit.

Arrestations

La police de Londres, qui avait promis une "présence policière importante" afin de garantir que les différentes manifestations se déroulent en toute sécurité et dans le respect de la loi, a indiqué que 25 personnes avaient été arrêtées.

Dix-huit interpellations sont liées à une manifestation en soutien à Palestine Action, un groupe d'activistes interdit en vertu de la loi antiterroriste.

Le Premier ministre Keir Starmer, arrivé au pouvoir en juillet 2024, a fait de la lutte contre l'immigration l'une de ses priorités. En novembre, son gouvernement a annoncé une réforme d'ampleur de la politique d'asile, visant à décourager les arrivées de migrants traversant la Manche sur de petites embarcations.

ATS