Michèle Gurtner reçoit le Grand Prix suisse des arts de la scène
L'Anneau Reinhart décerné à Michèle Gurtner
Du théâtre expérimental au cinéma, la Genevoise Michèle Gurtner multiplie depuis trois décennies les terrains de jeu. La comédienne et performeuse reçoit cette année le Grand Prix suisse des arts de la scène/Anneau Hans Reinhart, doté de 100'000 francs.
Formée à l'Accademia Dimitri, Michèle Gurtner, 54 ans, construit depuis plus de trente ans un univers à la croisée du théâtre, de la performance et du mouvement. Elle crée avec précision "des personnages singuliers et profondément humains", souligne l'Office fédéral de la culture (OFC) dans un communiqué jeudi.
Cofondatrice en 1997 de la compagnie Gloria Rigole, elle privilégie les créations collectives et les formes expérimentales. Son parcours navigue entre pièces élaborées directement sur le plateau, relectures d'œuvres classiques et créations chorégraphiques, en Suisse comme en France.
La Genevoise poursuit parallèlement une carrière à l'écran. Apparue en 2024 dans "Le Procès du chien" de Laetitia Dosch, présenté à Cannes dans la section Un Certain Regard, elle a reçu la même année un prix d'interprétation au Festival européen du film court de Brest pour "Les Malsouvenues" d'Antoine Heraly.
Toujours active sur scène, elle figure également dans "Rémi", adaptation de "Sans famille" d'Hector Malot mise en scène par Jonathan Capdevielle et jouée en Suisse comme en France.
Le prix lui sera remis à la Bühne Aarau en présence de la conseillère fédérale Elisabeth Baume-Schneider. Il est décerné par l'OFC sur recommandation du jury fédéral des arts de la scène.
Quatre artistes romandes distinguées
Neuf autres artistes, collectifs ou institutions reçoivent les Prix suisses des arts de la scène, dotés de 40'000 francs chacun. Parmi les lauréats figurent quatre artistes liés à la Suisse romande, dont la Vaudoise Mélissa Guex, danseuse, performeuse et chorégraphe qui développe avec sa compagnie SUMO des créations mêlant danse, performance et musique live, notamment dans l'espace public.
La Genevoise Kayije Kagame travaille pour sa part à la croisée des arts de la scène et des arts plastiques, tout en menant une carrière d'actrice au cinéma. Catol Teixeira (Brésil/GE) explore par la danse et la chorégraphie les questions de coexistence et d'identité, tandis que Cosima Grand (VS/ZH) développe un travail entre chorégraphie et performance centré sur les corps et leur environnement.
Les cinq autres distinctions reviennent à Damian Bright (ZH/SG), au Festival international de narration d'Arzo (TI), à Charlotte Huldi (BE), au duo OHNE ROLF (LU) et à Zirkus FahrAwaY (BL).
La scène chorégraphique genevoise distinguée
Le prix "Spectacle suisse de danse 2025", doté de 25'000 francs, revient à la Française lisa laurent, basée à Genève, pour "the wizard is not real". Dans cette performance créée en 2025 au Théâtre de l'Usine à Genève, la chorégraphe, formée au Ballet Junior de Genève, mêle deuil et vulnérabilité dans une œuvre que le jury qualifie de "poignante".
Le prix "Spectacle suisse de théâtre 2025", également doté de 25'000 francs, est attribué à Zell (LU) pour "4/5 oder von der Kunst, keine Fahrstuhlmusik zu werden". La pièce aborde le vieillissement avec sensibilité et humour.
Un jeune danseur italien formé à Lausanne primé
Enfin, le June Johnson Newcomer Prize 2026, doté de 25'000 francs, est attribué à Ludovico Paladini (Italie/VD). Né à Rome en 1998 et formé à la Manufacture à Lausanne, le danseur et chorégraphe explore des univers à la fois dystopiques et poétiques, nourris du quotidien et du présent.issement avec sensibilité et humour.