Mpox en RDC : de nombreux cas seraient de faux diagnostics, selon l’UNIGE
Mpox: l'UNIGE révèle de faux diagnostics
Plus d'un tiers des cas de mpox en RDC seraient liés à une contamination des échantillons par leur environnement plutôt qu'une véritable infection, selon l'Université de Genève (UNIGE). Plus de 2700 résultats de PCR ont été analysés.
Près de 35% des échantillons auraient été contaminés par de l'ADN viral de mpox, selon une étude de plusieurs institutions, dont l'UNIGE, relayée mardi et publiée dans The Lancet Infectious Diseases. Ces tests entre avril 2024 et avril dernier avaient été menés dans les villes de Goma, Kamituga, Kinshasa et Uvira en République démocratique du Congo (RDC).
L'Organisation mondiale de la santé (OMS) avait considéré en août 2024 que l'épidémie constituait une urgence sanitaire internationale, avant de lever cette alerte en septembre 2025. Le mpox s'accompagne de fièvre et d'éruptions cutanées pouvant provoquer des lésions douloureuses et défigurantes. Dans certains cas, il peut être mortel. Entre 2024 et 2026, plus de 120'000 cas et environ 1500 décès avaient été observés en Afrique.
Une identification rapide du virus est importante pour cibler la vaccination et organiser le dispositif de santé publique, insiste l'UNIGE. Les chercheurs ont été surpris par la présence de deux groupes nettement différenciés sur les quatre sites.
ADN présent pendant des semaines
Le premier montrait des valeurs basses, significatives d'une charge virale élevée. De son côté, le second n'atteignait qu'à peine le seuil de détection, laissant penser à une trace virale résiduelle.
L'équipe internationale a alors prélevé des échantillons sur les surfaces de deux centres de soins. De nombreuses parmi elles se sont révélées positives. Comme l'ADN du mpox peut rester sur les surfaces ou dans l'air pendant plusieurs semaines, il a probablement été capté par erreur dans les résultats ultérieurs, ajoute l'UNIGE.
Autre approche, les données sérologiques ont été analysées. Environ 89% des personnes considérées comme des faux positifs n'avaient pas d'anticorps contre le virus, preuve qu'elles n'avaient pas été infectées.
Autre étude significative
Dans une étude séparée, les chercheurs ont testé les cas suspects pour évaluer leur exposition à d'autres virus qui provoquent des éruptions cutanées. La plupart étaient porteurs d'autres infections, seule une petite partie étant bien contaminée au mpox.
Ces faux diagnostics ont des effets réels pour la santé publique et les patients, aussi selon l'UNIGE. Des soins ont été donnés inutilement, de même que des quarantaines ont été décidées alors que ces personnes n'auraient pas dû les subir.
Parmi les solutions, "il faut abaisser le seuil de positivité du PCR" pour diminuer considérablement les faux positifs sans augmenter largement les faux négatifs, explique le professeur associé de l'UNIGE qui a dirigé l'équipe de chercheurs. L'institution collabore avec l'OMS pour améliorer l'identification des virus dans plusieurs pays.