Neuchâtel : exercice de sauvetage des archives en cas de sinistre
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Dans le contexte du déménagement des archives cantonales dans son nouvel écrin à La Chaux-de-Fonds, un exercice de sauvetage en cas de dégâts d'eau a eu lieu jeudi à Neuchâtel. Chaque minute compte avec ce type de sinistre car après deux à trois jours, des moisissures peuvent apparaître et mettre en danger une collection.
Rubalises, tente, personnes en tenue de protection civile qui poussent des chariots: une certaine effervescence était perceptible jeudi dans la cour du Château de Neuchâtel et dans ses couloirs. Une trentaine de personnes a participé à l'exercice organisé par l’office des archives de l’État de Neuchâtel (OAEN) avec l’appui de la protection civile.
L'opération a pour vocation de tester concrètement les procédures de prise en charge, de sécurisation et de déplacement des documents sinistrés. Du personnel des archives de la Ville de Neuchâtel et de la Bibliothèque de La Chaux-de-Fonds y ont également pris part.
"Cet exercice vise par exemple à identifier les éventuels goulets d'étranglement et nous apporte des connaissances pour préparer notre déménagement au futur Centre archives et patrimoine à La Chaux-de-Fonds", a expliqué à Keystone-ATS l'archiviste cantonal Lionel Bartolini.
"On a identifié qu'il faut une heure et quart pour transférer les archives à La Chaux-de-Fonds dans le dépôt et revenir, si le trafic est clément", a précisé Arnaud Besson, chef de la cellule de crise PC pour la protection des biens culturels. "Avec cet exercice, on peut analyser les flux, observer les informations qui sont transmises et celles qui manquent et en même temps donner un coup de main au déménagement", a-t-il ajouté.
L'été trop humide pour déménager
Au total, 15 kilomètres d'archives doivent être transférés dans la Métropole horlogère. Le déménagement commencera formellement en 2028 et durera plus d'une année. "On devra sûrement le stopper durant les mois d'été car l'humidité dans l'air pourrait mettre en danger les archives", a ajouté Lionel Bartolini.
Lors d'un déménagement, on doit être particulièrement "attentif" à éviter des dégâts, a expliqué l'archiviste. La pluie ou la grêle lors du transport, un carton qui tombe font partie des écueils potentiels. Tout comme la perte de documents. "On profite de ce déménagement pour améliorer la signalétique et rendre la cotation plus claire", a précisé Lionel Bartolini.
Au sous-sol dans le "Palais de cristal", où est entreposée actuellement une bonne partie des archives cantonales, le fonds d'archives notariales - dont certaines datent par exemple de 1577 - fait par exemple 350 mètres. Tout n'a pas encore été passé en revue par la signalétique.
Avec ses catelles en verre au plafond, ce lieu de stockage présente un risque d'effondrement en cas d'incendie. Comme il comporte beaucoup d'escaliers, il est aussi très dangereux et difficile à évacuer, en cas de feu.
Au congélateur
Les dégâts liés à l'eau peuvent survenir après un incendie, lors d'infiltrations, d'orage, lors d'un toit arraché ou lorsqu'un déshumidificateur tombe en panne. En cas de sinistre, il faut identifier rapidement les archives prioritaires, comme par exemple des documents très rares, très vieux (du Moyen-Age), ou à un unique exemplaire, ou qui ont une valeur juridique.
La protection civile PBC (protection des biens culturels) est formée à faire le tri, sous la supervision d'experts. Il s'agit de trier les archives sèches, de celles qui peuvent être déshumidifiées, ou celles qui sont mouillées et détrempées. Dans ce dernier cas, les archives doivent être mises au congélateur. Lors d'une catastrophe d'ampleur, des entreprises partenaires externes ou d'autres institutions doivent être sollicitées pour utiliser leur congélateur.
Le futur Centre archives et patrimoine (CAP), à La Chaux-de-Fonds réunira l’office des archives de l’État de Neuchâtel, les archives de la Ville de La Chaux-de-Fonds et trois secteurs patrimoniaux de la Bibliothèque de la Ville.